[ Trigger warning ] Tu seras violée meuf.

D’abord, il y a eu les coups et les humiliations. Ça a duré longtemps, ce fut très long. Il y a eu les tribunaux et la première fois : la peur de mourir après l’étranglement. Les étoiles qui dansent et le ciel qui devient jaune. Il a fallut plusieurs années pour que je me révolte. Il me disait qu’il allait me frapper, je me révoltais et lui rétorquais de le faire. La violence a été mon lot quotidien pendant 10 ans. Un cauchemars sans fin. Une violence sexiste, misogyne, patriarcale : celle d’un père envers sa fille comme des milliers de gosses battus et humiliés qui l’auront sûrement cherché. De l’humiliation sur mon corps, mon esprit. Jamais bien, jamais parfaite. Parce qu’une petite fille, puis une ado’, puis une femme. Tu l’a cherché. Ensuite il y a eu la première fois, le viol. J’ai fermé les yeux et je lui ai dis d’arrêter. Il m’a dit « il faut bien que je me vide les couilles ». Je n’ai rien dis de plus. Il fallait bien qu’il se vide les couilles. Il faut bien qu’ils se vident les couilles. Je me suis juste demandé si ça avait lieu le lendemain matin. J’ai classé l’affaire : j’avais déjà connu la violence, ça ne pouvait pas se reproduire. La peur de mourir, elle avait pointé. Mais si sommairement, que je n’y avais pas cru. De toutes manières, je l’avais sûrement cherché. Et puis il y a eu la tentative de viol. La peur du viol a jaillit, m’a frappé au visage. Il m’a fallut sortir de moi pour lui dire « mais tu vas pas me violer quand même ?! » quand je lui ai dis d’arrêter d’essayer de m’arracher mon pantalon. La peur du viol, peur de mourir. Un jour, il m’a dit « tu m’a alpagué chez toi, c’est pas pour rien ! » pour se dédouaner de son comportement. C’est vrai, je l’avais invité chez moi. Alors, je l’avais sûrement cherché. Entre temps il y avait le harcèlement. Les insultes. Les regards . Tu baises, tu suces, tu vas où, tu fais quoi. Tu lèches hein ? Salope, pute, pétasse, connasse, salope, salope, salope. Tu fais ta mijaurée mais avec ma queue dans la bouche, tu diras plus rien. Sale gothique, t’es bien chaudasse là. Bouffonne. T’es bonne. Salope. Quotidiennement, régulièrement, constamment. Matin, midi, soir. En jupe, pantalon, short. Baskets, New Rock, pieds nus. Mais je devais à nouveau le chercher.

En tant que féministe, on parle beaucoup du viol, du harcèlement, des agressions. De ce pouvoir, ce privilège masculin. On le théorise, on lit des écrit de grandes féministes, on en écrit nous même. On se dispute sur la forme parfois. Mais toujours on y revient : le viol, il est là, omniprésent et il nous tient en joue. Ils peuvent presser la détente et on peut crever en un instant. On doit se battre, l’évincer, l’éventrer, lui donner un énorme coup de New Rock ou d’un bon bouquin dans la figure. Renverser la violence, se soutenir, s’armer, se défendre, parler, faire des espaces safe, extérioriser. Balancer cette peur loin. Et puis, ça arrive. Et on est pas prête.

Ce soir là, je devais partir en voyage scolaire. Un voyage prévu depuis un mois et demi. J’avais validé mon semestre. J’étais aimée. Pas de conflits, pas d’ennuis. Tout allait bien. J’allais découvrir une nouvelle culture et tout irait à merveille. Il a surgit de nul part alors que je cherchais à faire une photo de mon sac de voyage pour Instagram. J’ai sursauté très faiblement car il faisait nuit et qu’il avait une allure suspecte. Mais mon cerveau a rationalisé subitement mon instinct qui me disait que ce type, avec son écharpe sur le visage et son bonnet sur la tête, était louche. Il m’a dit « pardon, je voudrais voir les horaires ». Je me suis assise sur le banc, et j’ai pianoté machinalement sur mon portable. Je ne sais pas pourquoi j’ai levé la tête. Je trouvais qu’il était trop proche. Mes yeux sont tombé sur sa queue qu’il branlait frénétiquement, sauvagement. Entre le moment où il m’avait demandé de me pousser du panneau et où je m’étais assise, tout était allé si vite. Mon cerveau a soudain basculé dans un monde de terreur que je ne pensais pas revivre. Je me suis levée d’un bond, incapable de réfléchir, j’ai hurlé. Hurlé comme une bête et courus vers le passage piéton pendant qu’il s’enfuyait dans les bois. Je me suis mise à pleurer, haleter. Des étudiantEs sont arrivéEs vers moi, j’ai touché le bras de l’une d’elle que je connaissais pour être une camarade de classe en bégayant. Incapable de parler. Incapable de raisonner. La peur du viol avait jaillit soudainement, à nouveau. La peur de crever. Quand mes yeux étaient tombées sur son sexe qu’il branlait comme un porc juste à côté de moi, j’ai pensé « il va t’éjaculer à la gueule, te l’a fourrer dans la bouche » puis « ta vas crever. Encore ».

Tu vas crever.

Tu vas crever parce que même si on se remet d’un viol, tu en as marre. Ta vie toute entière a été faite d’une telle violence, telle haine de ton genre, de ton sexe, tel pouvoir de domination machiste qu’il va juste te détruire intérieurement et cette fois-ci, tu ne pourras plus t’en remettre. Tu sais ce qu’ont été les coups, tu as passé tes 22 ans à affronter la peur de crever. Tu es devenue féministe et tu t’es emplit de soif de justice, de colère face à ta condition de meuf qui fait de toi un trou juste bon à humilier, frapper, blesser, violer. Tu as théorisé cette condition, cette violence. Tu t’es battu, tu as trouvé des comparses et des compagnons de routes, des alliéEs de tout genre, sexe. On t’a aimé, apprécié. On t’a fait comprendre que non, tu n’étais pas responsable de ça, que non, tu ne l’avais pas cherché. Que tu méritais le bonheur. Que tu n’étais pas responsable de ce système. Mais en fait, tu n’étais pas prête à ça. La peur débordante, dégueulante qui t’envahit comme un serpent, une explosion, ton cerveau qui fait boum soudainement. Boum. Boum. BOUM. Incontrôlable, ingérable, terrifiante, un sentiment de pur terreur, panique. La trouille intense, là. Soudainement, tes livres et toutes tes armes féministes, tout ton savoir sont tombée à terre. Tu es nue mentalement parce qu’un type se branle à côté de toi, t’impose la vision de son sexe dégueulasse, de sa jouissance de merde. Dans un instant, il giclera sur ta gueule et tu pourras aller jeter ton féminisme aux chiottes parce qu’il ne t’auras servit à rien face à cette peur qu’ils sont capable de dominer, jouer avec toi, tes nerfs, ta conditions. A cet instant, je les entends tous jouir sur nos visage, tout ces machistes, ces misogynes, ces terroristes des meufs, des femmes et nous dire : nous avons un sexe, nous avons le pouvoir et vous n’y pouvez et pourrez rien. JAMAIS. Il y a eu les tremblements et les tremblements sont toujours là. La culpabilité terrible. Je ne suis pas quelqu’une qui se morfond sur moi même, je refuse d’être une victime, je refuse l’échec, je refuse l’injustice. Pour mes comparses mais encore moins pour moi. Je m’auto discipline, j’y arriverais, je vaincrais. Je compatis mieux à la douleur d’autrui qu’à la mienne. C’est comme ça, on survit comme on peut. Je me suis toujours dis « si ça reproduit, je le tue / lui donne un énorme coup dans les couilles ». Depuis ma première agression, je porte constamment des New Rock et ce n’es pas uniquement pour faire joli. Je porte aussi une armada de bagues épaisses. Ca peut faire mal dans les mâchoires. Je sors armée. Je m’estime armée. Je me croyais armée comme Saint Marguerite terrassant le dragon. Je n’ai pas été fichu de me défendre. J’aurais du lui donner un coup dans les couilles, les genoux. Hurler autre chose que ce cri quasi animal et humiliant. J’ai agis comme une bête qu’on agresse et aujourd’hui encore, j’agis comme une victime. Je flippe dès que je regarde ce banc de bus, dès que je dois entrer chez moi. Je me dis « mais pourquoi tu fais tout plat d’un mec qui s’est branlé à côté de toi ? Des milliers de meufs vivent ça et en font pas tout un plat ». Je m’en veux d’aller mal. Je m’en veux d’avoir ce bruit de fond dans ma tête. Quoi que je fasse, j’ai cette image dans la crâne. Avant, quand un mec me harcelait dans la rue, je gueulais des insanités compréhensible, je repoussais la peur du viol. Je n’ai pas été foutu de l’a repousser ce soir là que par ce cri, mon cœur qui explose, l’incapacité soudaine de parler correctement sans bégayer pendant 20mn.

Alors, je suis en colère. Soudainement tout explose dans mon crâne et la colère rejaillit. J’ai cherché du soutien sur twitter et un abruti m’a fait du slut shaming dégueulasse. Je savais que ça arriverais. Parce qu’il parait qu’on le cherche. Que j’ai pas fermé ma gueule, pas agit en victime digne. Ai cherché un peu de chaleur humaine sur un réseau sociale où était réunis des alliéEs, des amiEs. Pardon, vraiment, d’avoir voulu me réfugier quelque part où un mec ne se quasi branle pas sur votre gueule. Je suis en colère parce que j’ai été élevé dans une société qui m’a dit qu’en tant que meuf, je serais violée. Que ca sera inévitable. Ma faute. Et que je ne pourrais jamais rien y faire. Je suis en colère parce que ma vie entière n’a été qu’une succession de violences, un torrent de haine à mon égard, de domination, de coups, d’insultes, de paroles. Et que je ne connais pas la normalité, les jours heureux et sans peur. Je suis en colère parce que dans mes cauchemars, je suis encerclée de zombies, de monstres et je dois fuir, sans armes, ni personnes et qu’ils sont là, qu’ils peuvent me détruire, me dévorer et que je peux devenir morte vivante à mon tour. Je suis en colère parce qu’on vient me dire que je généralise alors qu’aucun mec ne connaîtra jamais notre peur, notre terreur d’être violée, touchée, giflée parce qu’une meuf, parce qu’inférieur, parce qu’elle l’a cherché, parce que c’est qu’une claque, parce qu’elle avait qu’à dire non, parce que sa jupe, parce que c’est comme ça. C’est normal, un type se branle à côté de toi et tu en fais un plat. Et un type qui se branle et est à deux doigts de jouir sur ta face et ton consentement, c’est normal, ou juste un cas isolé, des milliers de cas isolés tout les jours, à toutes les heures. Des types qui emmerdent ton avis, ta voix et te disent qu’ils ont une queue alors ils auront le pouvoir. Je suis en colère parce que notre chatte, notre genre féminin ne nous arme pas et nous rend petite, faible et qu’on leur apprit à se servir de leur bite comme d’une arme pour détruire au lieu d’un truc de plaisir et que le consentement est surfait et pas ou peu évoqué. Parce qu’on leur a dit à tous qu’ils seraient des princes, des rois du patriarcat et qu’ils pourraient jouir le jour, la nuit sur nos gueule, nos corps et que notre conditions de meuf est faite pour ça. Je suis en colère contre tout ce système, mon ventre déborde d’un feu que je voudrais hurler mais parce que je sais déjà qu’ils vont venir comme des loups se plaindre qu’ils ne sont pas tous comme ça, qu’ils ne violent pas, n’agressent pas, qu’ils ne sont pas privilégiés, que c’est faux, que le patriarcat n’existe pas, que ce sont eux les vrais victimes, que j’abuse un peu, que je mélange un peu, parle sous le coup de l’émotion. Je les vois venir me dire que j’affabule, faire leurs victimes outrés, dire que l’agression m’aveugle, que je ne suis pas rationnelle, que je dois fermer ma gueule parce que je suis trop agressive, sauvage, colérique, violente. Parce que je réclame une justice et que je ne veux plus voir ni entendre des histoires de mecs qui se branlent sur nous en s’en fichant éperdument de notre consentement, que je dessers la cause, que c’était rien, que c’était un cas isolé. Toujours les mêmes merdes en refrain des types qui vont préférer justifier le patriarcat plutôt que défendre celles sur qui on s’astique sauvagement sans en avoir rien à foutre si on est d’accord ou non.

Et moi, je voudrais juste faire exploser cette bulle sourde de colère et de « pourquoi ? » Pourquoi tu te branles à côté de moi, pourquoi putain, POURQUOI?! Mais qu’est ce qui se passe dans ta tête pour te dire que tu vas humilier, faire peur, foutre en insécurité totale une meuf, un soir, tard, où il n’y a personne ? Alors je vais reprendre mes armes, remettre mes New Rock, continuer à lire et m’armer, parler, théoriser, discuter, argumenter, m’échauffer sur des désaccords. Etre encore plus forte, plus révoltée, plus déterminée à donner d’énormes coups de pieds dans les idoles du patriarcat. Jusqu’à ce que cette peur du viol, de la mort s’éloigne. Et jusqu’au prochain qui me rappellera que je ne suis qu’une meuf et que je n’aurais jamais le privilège de la sécurité, de la liberté, du bonheur tant que le patriarcat sera sur pieds et bien portant.

67 comments

  1. Biaise says:

    Ce qui m’a le plus marquée dans la tweet-war qui a suivi, c’est comment certains essayaient de nous convaincre que ce n’est pas grave, qu’un mec qui se branle près de toi ce n’est jamais qu’une exhibition. Qui occultent le fait qu’il se branlait et que ça ajoutait pas mal de sens. Qui ignorent que l’exhibition est une agression sexuelle.

    Ils ne voient pas tout le sens que ça a, le message que ça envoie, la menace que cela représente. Quelqu’un agite une lame sous leur nez et ils auront peur de se faire planter et trouveront cela légitime. Mais qu’on se branle près de ton visage ça ne leur évoque rien, soudain les voici naïfs.

    J’ai du mal à les croire si naïfs, pas possibles, c’pas des gosses… ils savent bien ce qui aurait pu se passer, ce que l’autre avait en tête. J’arrête de leur donner le bénéfice du doute.

  2. Alone says:

    « Une femme parle de son oppression en tant que telle et nuée d’hommes qui viennent pleurer façon « nous ne sommes pas tous comme ça ».

    Pas de compassion, d’empathie, de décence envers la victime. L’important c’est leur image. »

    (C’est vrai que c’est choquant, il m’aura fallu du temps pour l’admettre… On est là avec notre pathos, nos problématiques, nos handicaps, sans amour(s), sans contact(s) humain(s) avec les femmes qu’on aime(amour nié voir même « diagnostiqué » en psycho-pathologie par les psy-intellos de comptoir qui plus est mais passons), une santé tellement défaillante que seule le suicide paraît réellement viable comme projet d’avenir alors que vous ne cessez de mourir en continu d’être des « femelles »… Que les enfants sont avec les femmes les plus maltraités, que le monde est pourri, et qu’on a pas la force de le changer !

    Surtout que dans le lot des « chouineurs » se cachent certainement des Imposteurs !! Les mecs ne doutent de rien, pas plus que certaines meufs… Du salopard misogyne et violeur qui n’a aucune honte a venir pleurer tout ce qu’il sait(pas)à vos pieds comme la dernière des crevures… Pendant ce temps là « on » crève, tous genre et sexe confondus….

    Auto-didacte j’ai mis/je mets le temps, a comprendre à quel point le comportement du mâle qui se défend(ou tente de se défendre), peut paraître choquant. Celles qui baignent, que dis-je, qui surnagent, pour pas dire plongent en permanence, dans ce type de problématiques/combats/luttes/résistances(la lutte contre la violence permanente et pleine d’ubiquité faite aux femmes)ne se rendent peut être pas compte, pas plus qu’eux ne se rendent compte, de la violence de part et d’autres, les uns vont se défendre « on n’est pas comme ca », les unes répliquer « ca n’en fait pas moins de vous des privilégiés ». Surtout que c’est vrai que nous sommes des privilégiés.

    Moi plus que tout autre, tout le monde n’ayant pas la chance d’avoir une pote hyper-intello qui ne peut s’empêcher de recadrer tout chouinage par la puissance de ces maux/mots. Des mots/maux qui cognent si dures et si fort que s’ils étaient des coups, nous serions tous/toutes de la viande et os hachée/broyés… Manifestation d’une haine et d’un mépris infini, mais ce n’est pas si grave car je suis né zombiE. )

    Désolé que tu ais subi/subisses tout ca(mon texte y compris), « compassion »(si tant qu’elle soit reconnue et validée comme telle….)de la part d’un zombie, pour ce que ca vaut…

  3. Phalène says:

    Bon, voilà, je viens de me prendre une énorme baffe dans la gueule et je suis présentement en train d’en pleurer tellement tout ça est vrai et tellement c’est ce que j’ai pu ressentir et que je ressens encore. ça me tord encore les tripes mais putain, qu’est-ce que c’est libérateur. ne serait-ce que parce que j’ai jamais réussi à l’exprimer comme ça, et que tu (permet-moi de te tutoyer, même si c’est un peu familier, toussa) l’as presque fait à ma place.

    Je sais pas quoi dire d’autre, peut-être qu’un commentaire constructif et brillant viendra quand j’aurais un peu moins les entrailles retournées, mais pour le moment, voilà. c’est tout.

  4. Nat' says:

    Woh.

    Je suis désolée de ce qui t’est arrivé. J’ai vécu un peu la même chose, le mec qui se branle à côté de moi et qui me suis à la trace alors que je viens de changer de place pour éviter d’avoir sa bite sous les yeux, et je me suis posée la même question : pourquoi, gros con ? Parce que gros con, sans doute.

    Heureusement, le menacer d’appeler les flics pour exhib a suffit à lui faire ranger son joujou.

    Personne n’a à te dire comment tu aurais du réagir, ou que tu en fait trop ou je sais pas quoi. On ne réagit pas tous pareil aux mêmes évènements, on n’a pas tous le même vécu, les mêmes peurs. Bon courage.

  5. Enisuke says:

    Comme je l’ai dit à Mar_Lard sur Twitter, je trouve ça vraiment très fort la manière que tu as d’exprimer tout ça. Je ne sais pas trop comment dire « bravo » ou autre sans paraître maladroit vu la cause de ce texte.

    Enfin le message est passé maintenant, bon courage à toi.

  6. Chry says:

    Bravo pour ce témoignage. C’est fort, bien écrit et surtout c’est juste. C’est grâce à ce genre de témoignage et du courage de celles qui ont écrit leur vécu que j’ai compris que tout ce que j’ai subi n’est PAS normal, que nous (femmes) ne sommes PAS les coupables mais bel et bien les oppressées d’un système de merde rempli d’hommes de merde.

    Ce genre d’exhibitionniste est extrêmement traumatisant. j’ai aussi vécu quelque chose de similaire et c’est une peur qui m’a suivi longtemps dans la rue après, la peur des transports, par crainte de me retrouver face à des types pareil.

    Ils entravent notre liberté, ils entravent nos vies, et s’en sortent toujours.

    Grâce au féminisme j’ai enfin été entendue et comprise, j’ai enfin pu exprimer mes ressentis sans avoir des rires, des moqueries ou des « mais nan t’exagères ». Les genre de réaction assassine qui NIE complètement ce qu’on a pu vivre, ressentir.

    Pourquoi ils se branlent comme ça ? Parce qu’ils savent que c’est en toute impunité, qu’ils sont les privilégiés d’un système où ils dominent, parce que notre peur les excite, parce que leur perversité est bien calculée, parce que ce sont des merdes !!

  7. Laymore says:

    Vengeance, mort, émasculation, humiliation, longue, très longue, vengeance, destruction, lente, très lente. Coups de pieds dans leur « arme », encore, encore.

    Non, ça ne guérit pas, non ça ne soulage pas, non ça n’est pas plus intelligent. Mais contre la bestialité, contre l’abandon de l’humanité la plus élémentaire, rendre coup pour coup, faire comprendre qu’il n’y a aucune impunité, aucune possibilité d’échapper au couperet, aucune voie royale vers la toute puissance, c’est le seul moyen d’effrayer la bête. La bête doit comprendre qu’elle n’est pas chez elle, qu’elle n’est maître de rien, que la violence pure n’est pas son apanage et qu’elle peut sentir son propre sang dans sa bouche.

    Coup pour coup pour la génération mal éduquée. Et une nouvelle éducation pour celle qui vient.

    La peur doit changer de camp.

  8. mugdubul says:

    « POURQUOI?! Mais qu’est ce qui se passe dans ta tête pour te dire que tu vas humilier, faire peur, foutre en insécurité totale une meuf, un soir, tard, où il n’y a personne ? »

    Pire : tu n’es qu’un objet, tu n’existes pas en tant qu’humain face à ce mec, c’est comme s’il matait une revue porno, après s’être vidé les couilles il referme le bouquin.

  9. zazco says:

    en remplacement d’un collègue pour la livraison de repas à domicile j’ai été confronté à un monsieur tout nu( en bas) 2ème fois que j’allai chez lui, je n’ai pas réagi car je ne l’ai vu qu’au moment du départ et encore en ayant un doute sur ce que je voyais mais le lendemain c’était bien clair, il me dit j’attendais la femme de la douche mais c’est vous, oh la la je suis gêné sauf qu’il restait bien en face de moi et bien proche aussi, je lui ai dit de garder un slip même pour la dame de la douche. mon collègue n’a jamais eu cette mauvaise surprise en 5 ans. quand j’ai dit à une amie comment cela m’a bouleversé et fait peur, elle m’a répondu que vraiment j’en faisait tout un plat car elle travaille en maison de retraite et tous les jours les petits vieux se branlent devant elle…non nous ne devons pas accepter d’être prise pour des objets de fantasmes ou autres… »juste » parce que nous sommes des femmes.ras le bol de ceux qui minimise ces actes.

  10. Claire says:

     » Je suis en colère parce que notre chatte, notre genre féminin ne nous arme pas et nous rend petite, faible et qu’on leur a appri à se servir de leur bite comme d’une arme pour détruire »

    Exactement. Les comparaisons que Romain Devouassoux a fait à propos de filles qui se branlent dans un open space (wtf) sont absurdes. Hélas, dans la société actuelle, l’exhibition d’un sexe masculin en érection ne peut pas être comparée à celle un sexe féminin. Parce que oui, déplorons-le, mais le phallus représente une menace immédiate. Et c’est pour ça que je bous quand je lis ce même connard définir une agression comme une atteinte à l’intégrité physique. Evidemment, pour lui, la vision d’un sexe que l’on branle ne peut pas être une atteinte à son intégrité de mec viril, n’est-ce pas. Sauf que pour beaucoup de filles (j’ai envie de dire toutes, mais j’ai peur d’écrire le genre de généralité qui me débecte sous d’autres plumes), oui, l’exhibition est une menace directe pour notre intégrité physique.

    Je n’ai pas ton vécu, pas vraiment de raison d’avoir cette peur du viol sous-jacente dont tu parles ici. Et pourtant, il m’est arrivé plusieurs fois de me retrouver face à un mec qui se branlait ou s’exhibait. Et à chaque fois, je me suis enfuie à toutes jambes, avant de me retrouver, les jambes flageolantes et le souffle coupé, au bord des larmes. Et moi aussi, j’ai eu le droit aux réflexions, qui se voulaient parfois bienveillantes ou tout simplement incrédules, sur le thème de « mais il ne t’a pas agressé? » « ah, ouf, il ne t’a pas touché ». Comme s’il fallait attendre qu’on s’attaque à notre corps pour pouvoir justifier notre peur, notre souffrance.

    Je t’admire d’être prête à reprendre le combat. Pour ma part j’ai beau continuer à réfléchir, à lire sur la condition que m’impose mon genre, je pense que je n’arriverai jamais à surpasser cette peur ou à avoir une réponse adéquate à ce genre d’agression. Alors merci; merci de témoigner et de garder la tête haute quand il aurait été si facile de fermer ta gueule et de laisser ces tweets dégueulasses disparaître dans les bas-fond de twitter. Merci parce que j’espère qu’il sortira quelque chose de tout ça, et que les gens y réfléchiront à deux fois avant de dégainer leur petite mécanique de culpabilisation et de négation de la victime.

    Courage.

  11. Bug says:

    Bonjour,

    Tout d’abord, Marquise, je tiens à préciser avoir aimé ton texte, le trouver carrément bien envoyé et m’être senti totalement en empathie avec ce que tu racontes, parfois au mot près. M’être posé ces questions-là, moi aussi. Voir les choses à peu près comme tu peux les voir.

    A peu de choses près.

    A peu près, parce que j’avoue avoir tout de même tiqué sur ce passage (je cite):

    « Je suis en colère parce qu’on vient me dire que je généralise alors qu’aucun mec ne connaîtra jamais notre peur, notre terreur d’être violée, touchée, giflée parce qu’une meuf, parce qu’inférieur, parce qu’elle l’a cherché, parce que c’est qu’une claque, parce qu’elle avait qu’à dire non, parce que sa jupe, parce que c’est comme ça. C’est normal, un type se branle à côté de toi et tu en fais un plat. Et un type qui se branle et est à deux doigts de jouir sur ta face et ton consentement, c’est normal, ou juste un cas isolé, des milliers de cas isolés tout les jours, à toutes les heures. Des types qui emmerdent ton avis, ta voix et te disent qu’ils ont une queue alors ils auront le pouvoir.« 

    Ainsi donc, aucun mec ne connaîtrait jamais votre peur.

    Et pourquoi ça?

    La majorité de mes amiEs ont déjà été volées au cours de leur vie. Et ça m’est arrivé également, à l’adolescence. Quand j’y pense, je me sens avec elles, de leur côté. C’est quelque chose qui a contribué à nous rapprocher, qui a créé des liens entre nous. Pourtant, certaines d’entre elles n’avaient pas vraiment envisagé que ça puisse arriver aussi.

    A un mec.

    Une victime est une victime, peu importe son genre. Alors ouais, du fait de son sexe, ses problématiques peuvent être différentes. Tu as brillamment résumé ce que pouvaient être celles d’une meuf. Pour un mec, la peur, le dégoût de soi, la difficulté à se (re)construire existe aussi. Et ce, même si socialement, il faudrait le cacher.

    « Boys don’t cry« .

    Un mec peut avoir les mêmes désirs de vengeance que toi, et se poser les mêmes questions: qu’est-ce que son/ses agresseur(s) avai(en)t en tête? Pourquoi est-ce arrivé?

    Et aussi, d’autres questions: que faire pour se réapproprier son corps? Que faire pour se sentir à nouveau un être humain, à ses propres yeux et aux yeux des autres? Que devient-on socialement quand on ne peut plus jouer le jeu de cette pseudo-grande fratrie masculine (de surface) à la con, de cette compétition merdique, que faire quand on ne peut plus adopter les codes sociaux admis dans une société patriarcale?

    Un mec peut subir une anorectomie, Garder des stigmates profondes. Se retrouver dans l’incapacité de renouer des liens avec d’autres hommes. Avoir beaucoup de difficulté à séduire à nouveau, et à se regarder dans les yeux des femmes. Avoir du mal à retrouver une vie intime.

    Qu’on soit homme, femme ou trans, homo, bi, asexuel ou hétéro, un viol reste un viol. Nous avons des problématiques communes, et d’autres propres à notre sexe, à notre culture, ou à notre personnalité.

    Mais ce que nous avons vécu devrait, dans une certaine mesure, nous rapprocher et non nous diviser.

    « (…) Aucun mec ne connaîtra jamais notre peur (…)« 

    Désolé de te contredire sur ce point, Marquise, mais, personnellement, j’ai beau être pourvu d’une pomme d’Adam et d’une paire de baloches, cette peur ne m’a jamais totalement quitté.

    Merci pour ton texte.

    Bien à toi,

    Bug.

  12. Lo says:

    Tout ce qui est dit ici est bien effrayant et c’est une part bien sombre de l’humanité …

    C’est assez angoissant de voir comment le hasard des enfances et des rencontres peut nous modeler.

    J’ai la chance de n’avoir jamais eu à craindre ce genre de terroristes dans mon entourage.

    C’est idiot mais j’ai envie de t’assurer que d’autres sphères existent, d’autres prismes sont possibles. Des où les hommes sont des alliés et leur sexe des amis.

    Je te souhaite de faire de rencontrer des hommes et des femmes qui sauront te montrer.

    Bon courage, le voyage ne fait que commmmmmencer !

  13. Lune says:

    Bonjour,

    Moi aussi j’ai eu affaire à un exhibitionniste. J’attendais le bus (10h du matin), le mec s’est placé de l’autre côté de la route (2*2 voies, assez loin donc), c’était boisé. Naïve comme j’étais du haut de mes 18 ans, je me suis dit que c’était balot de s’être mis juste dans le trou de la verdure pour soulager sa vessie. Et puis j’ai trouvé qu’il mettait du temps à pisser quand même. Et là j’ai compris. J’ai détourné le regard, me suis complètement recroquevillé sur moi-même, tétanisée, et des milliers de pensées ont défilé. A commencer par : et s’il traverse la route ? Comme c’était une voie rapide, à pied il fallait traverser par un pont, je ne le verrais pas arriver frontalement. L’arrêt de bus est un cul-de-sac, je ne pourrais pas m’enfuir. Les cinq minutes les plus angoissantes de ma vie. J’ai finalement décidé de lever les yeux, voir le danger en face. Il était parti. Et d’autres personnes sont arrivées à l’arrêt de bus. Le corps se détend.

    Et en entendant ton histoire, j’ai eu la réaction étrange de me dire que j’ai eu de la chance. C’est horrible. On se dit que ça aurait pu être pire. Que finalement il ne s’est rien passé. Mais en réalité c’est révoltant. On a tellement intériorisé qu’en tant que femme ça pouvait nous arriver partout, n’importe quand qu’on est soulagé que ça n’ait été qu’une agression visuelle.

    Voilà à quoi ça aboutit d’éduquer les filles dans la peur et le statut de victime potentielle et les garçons dans la violence et les pulsions.

    Mes pensées vont vers toi.

  14. Nico says:

    Tu n’imagines pas à quel point je suis désemparé, en colère, furieux même, de voir que certaines personnes du même sexe que moi osent… Osent tout ça.

    Parce que bons Dieux, après des milliers d’années d’évolution, il est anormal qu’on soit aussi peu évolués justement. Anormal et gerbant que je sois, par le hasard de la génétique, dans la même « catégorie » que ces salopards.

    Je lis énormément de textes témoignages de femmes qui subissent cette oppression masculine au quotidien. Parfois ce sont de toutes petites choses, parfois ce sont des drames. Mais toutes ces histoires, ces comportements participent au maintien de la femme dans une posture de soumission. Et le résultat c’est que je vomis ces hommes, tous ces mécanismes qui font qu’on ne peut toujours pas parler de relations entre deux personnes, sans considération du sexe.

    Et le plus aberrant dans tout ça, c’est que je ne comprends pas pourquoi ces salopards agissent comme ça. Je ne peux pas, je ne pourrai jamais, JAMAIS comprendre ni même expliquer. Et je ne veux pas.

    Alors je ne pourrais jamais comprendre ce que tu as vécu, ce que tu vis c’est vrai. C’est sans doute facile de parler de ma position, en sécurité. Pourtant ça non plus je ne peux pas l’accepter. Je ne veux plus être ramené à une paire de chromosomes à cause de gros connards sous-évolués.

    Dès lors, crois-moi sur parole : tant qu’une femme ne pourra se promener seule, à l’heure qu’elle veut, dans la tenue qu’elle veut sans avoir peur, je me battrai, moi aussi, aussi fort que je le peux.

  15. Meg says:

    « « (…) Aucun mec ne connaîtra jamais notre peur (…) »

    Désolé de te contredire sur ce point, Marquise, mais, personnellement, j’ai beau être pourvu d’une pomme d’Adam et d’une paire de baloches, cette peur ne m’a jamais totalement quitté. »

    Je ne pense pas que La Marquise veuille nier le fait que tu puisse avoir été victime de viol, ni que les hommes puissent être violés.

    Je pense que le type de peur qu’elle veut désigner est une peur qu’on inculque aux femmes avant qu’elles aient été réellement violé. C’est à dire qu’on grandit avec l’idée que l’expérience du viol fait parti de la condition féminine. Peut être que je me trompe en ce qui te concerne, mais il me semble que les hommes ne sont pas éduquer en fonction de cette menace d’être violer alors que c’est le cas pour les femmes. C’est à dire que pour les femmes, il n’y a pas besoin d’avoir subit un viol pour en avoir peur et pour mener sa vie en fonction de cette menace. Tout un tas de rappels quotidiens nous ramènent à cette menace de viol. Cad quant je prend le bus, quant je sort dans le rue, vais boire un café dans un bar sans être accompagnés… beaucoup d’hommes par leur harcèlement sexuel (bruits de bisous, insultes sexuelles, main aux fesses, exhibitionnisme..) me rappelent au viol, dès fois que je n’oublie jamais que je suis une proie avant d’être une personne.

  16. Milk. says:

    Je suis heureuse de te retrouver ici, tu n’as rien perdu de ta sincérité ni de ton combat, merci.

  17. milbaraka says:

    Merci Marquise,

    Tu parles pour moi, je l’affirme, mais tu parles probablement pour des milliers d’autres femmes, hélas.

    Nous avons raison d’être en colère.

  18. Amenesh says:

    Quand on a pas été victime d’agression sexuelle ou de viol, on ne voit pas le sexe comme une arme, un danger. Donc, il est normal que certain(e)s ne comprennent pas, normal et dommage aussi.

    Celà montre les ravages d’un traumatisme qui transforme tout augmentant les ressentis.

  19. mylène says:

    je me sent tellement mieux quand j’entend des hommes comme toi parlais :) sa fais plaisir de savoir que certain homme sont de notre coter et nous soutiennent dans notre combat !

  20. Jipi says:

    Ton texte est un véritable coup de poing, mais qui ne m’étonne, hélas, pas du tout.

    Sur ce point je suis entièrement d’accord avec le commentaire de Nico…

    Maintenant je ne suis pas tout à fait d’accord, un homme peut ressentir cela, oh sûrement pas de la même manière que toi, mais cela peut être aussi viscéral.

    Certains regards, certaines attitudes me parlement immédiatement et c’est vrai qu’on a envie de frapper.

    Je me suis aperçu de cela il y a quelques années. Je suis grand et assez carré et il m’arrive de me déplacer… pas en éléphant, mais bon, pas trop loin. Et à ce moment j’avais remarqué ce regard levé vers moi, presque terrorisée qu’elle était la copine. J’ai compris qu’elle avait du morfler. Il m’a fallu longtemps pour l’apprivoiser, et que, dans son esprit, je n’étais qu’un copain qui rentrait parfois un peu vite dans son bureau et qu’elle n’avait rien à craindre de moi, quelle que soit la tenue vestimentaire qu’elle avait choisie et que même si un jour elle avait envie de raconter une histoire un peu grivoise, ce n’était pas une soit-disant invitation.

    Cela m’a fait plaisir d’être considéré comme un être humain à part égale et non pas comme un connard de salaud.

    Mais cela fait peur pour notre humanité et assez honte, même si je ne m’assimile pas à cette sous espèce humaine et fait tout pour ne pas y ressembler de près ou de loin.

    Il y en a beaucoup comme moi, et de loin, mais encore trop de bêtes immondes.

    … et, malheureusement il en suffit d’une pour briser une ou plusieurs vies.

  21. labis Sylvère says:

    Tu as raison. C’est un fait. Quand le cerveau reptilien, quand l’excitation sexuelle submerge les sentiments humains, la première victime est la bonne. Pour ceux qui ne savent pas se tenir, ceux qui pensent « y avoir droit », avec une mentalité venue de cette idéologie du guerrier (« le repos du guerrier ») qui préside à l’éducation des garçons. Le machisme est répandu chez les hommes et les femmes, à leur corps défendant. Mais ce « guerrier » reste quand même une effigie sexuellement excitane derrière le « prince charmant ».

    Par ailleurs, entre les garçons, un vrai terrorisme existe contre celui qui serait faible, qui semblerait « féminin ». Qui ne saurait pas se montrer dominant vis-à-vis des filles. L’époque de la bande est particulièrement destructrice. Le moment important, c’est lorsque une jeune fille parvient à extirper un garçon de la meute pour lui apprendre la civilisation, l’amour, la fragilité et le respect.

    Un moment très important dans la civilisation a été le néolithique. L’usage de l’agriculture avait permis d’échapper à l’incessante et angoissante quête de nourriture, de trouver du temps pour penser… C’est le moment où les êtres humains ont découvert les parures, les statuettes des ex-voto, les traces du début d’un « commerce amoureux » et de premières réalisations artistiques.

    Non que les femmes soient toutes si faibles, elles sont des cibles, ciblées par la société. Une société qui n’arrive pas à devenir humaine, qui reste encore largement animale, où les rapports de force s’exercent sans beaucoup de contrôle. Il faut retrouver une société véritablement civile. Pour certains, une société civile est une société féminine, ce qu’ils considèrent comme critiquable.

    La démocratie dans les relations sociales, c’est comme l’amour dans les rapports sexuels, ça change tout.

  22. Charlotte says:

    Merci. Merci de ce texte. Merci de crier ta colère. Je te dis tu, car nous sommes comme soeur. Nous sommes toutes des soeurs. Merci d’écrire pour elles, nous.

    Moi c’est son odeur. Enfin l’odeur de son sexe, que je déteste retrouver parfois dans un souvenirs, ou lors de moment intime. Comme si aujourd’hui encore, il était encore là, comme si il avait encore un pouvoir sur moi. Je déteste ça.

    Je suis émue. Ton texte est bouleversant. Bouleversant de vérité. De vérité tellement ordinaire…

  23. Romahn says:

    @ Marquise.

    Si je puis me permettre, il y a un point que je trouve extrêmement gênant dans votre témoignage.

    Lors de cette agression exhibitionniste, vous avez criée, ce qui a fait fuir votre agresseur selon vos propres dires, et vous vous êtes enfuie, De fait, vous n’avez donc pas réagi en victime. En fait, vous avez très bien réagi compte tenu du niveau de danger de la situation. Pourtant, vous semblez culpabiliser de ne pas avoir utilisé votre « arsenal »,(new rock et autres bagues). Vous n’êtes pas un ninja, et il n’y a pas un prof de self défense qui condamnerait votre attitude. Alors pourquoi le faites vous ? Vous devriez sérieusement vous posez cette question sur vous même.

  24. Emily says:

    Personne n’a jamais nié la douleur d’aucune victime de viol dans cet article.

    Sans avoir eu le courage de lire tous les commentaires, je tiens juste à préciser pourquoi la plupart des textes parlant du viol ou des agressions sexuelles sont axés sur les femmes – bien qu’on ait déjà dû le faire avant moi.

    Un viol est un crime dans tous les cas, il laisse un traumatisme grave dans tous les cas. Homme, femme, alternatif, ce que vous voulez.

    Néanmoins, cet article (et beaucoup d’autres) en plus d’être un témoignage, dénonce une société qui « autorise » le viol des femmes ou en tout cas le fait paraître « normal » bien plus facilement que celui d’un homme.

    Nous vivons dans un système qui oppresse les femmes. Ce n’est plus à démontrer.

    Or, un des moyens d’oppressions les plus efficaces est la violence, et la peur qu’elle engendre.

    La société entretient donc des stéréotypes selon lesquels les mecs seraient des genre de bêtes incapables de se retenir de violer/agresser toutes les femmes qui passent, lesquelles auraient forcément cherché cette situation (en s’habillant « mal » ou « trop bien », en marchant seule – entendre sans mâââle), etc, etc, qui excusent voire encouragent les agressions à caractère sexuel perpétrées sur les femmes par des hommes. (notez : des hommes, pas les hommes…)

    Notre rôle en tant que féministes est de dénoncer ce système – pas de dire que tous les hommes sont des violeurs (ce serait aller dans le sens du système sexiste, en fait) – pas de dire que les hommes ne sont jamais violés.

    La peur du viol est enseignée aux femmes dés la puberté, si ce n’est avant. Par des remarques de la part de pas mal de gens (« tu ne devrais pas sortir comme ça », on a commencé à me le dire quand j’ai eu à peu près 11 ans, entre autres) et par les stéréotypes dont je parlais pour toi, comme quoi il faudrait avoir peur des hommes. Sans oublier la connaissance de cas de violences assez fréquents sur des femmes de notre entourage…

    Donc, oui, un homme peut avoir peur du viol. Mais c’est assez rare et ce n’est pas dû à une pression venant de la société, ce n’est, généralement, pas dû au système.

    Bref, je ne sais pas si je me suis bien exprimée. Je pense avoir répété ce que d’autres personnes ont dû dire plus haut mais je souhaitais ajouter mon commentaire.

  25. Sally says:

    J’ai pas été violée, mais gamine, je souhaitais devenir grande très vite pour ne pas subir le viol en sortant de l’école. Parce que j’avais déjà entendu des histoires. Des histoires que des oreilles de 7 ans ne devraient pas entendre. Mais voilà. On grandit, nous les filles, dans la peur du viol, et c’est la réalité. Celui ou celle qui nie ça est de mauvaise foi ou vit sur une autre planète.

    Depuis, j’ai bien grandi. J’ai beaucoup voyagé aussi. Et je me suis découvert une particularité : attirer les branleurs… Incroyable mais vrai. Depuis la première fois en 2005, j’en ai vu au moins un par an, dans des endroits, des circonstances et à des heures différentes, mais en général en pleine journée. Et à chaque fois, exactement ce que tu décris. La haine, le bide qui se tord, le cerveau qui se bloque sur « Putain, pas encore une fois!… J’en peux plus » Et à chaque fois on se dit qu’on coupera les couilles au prochain. Mais on le fait jamais. Parce qu’à chaque fois c’est nouveau. A chaque fois, on n’y croit pas… On se dit que c’est pas possible… Et puis si!.. C’est possible, un mec qui court derrière toi, la bite à la main, dans la rue qui mène à chez toi. Tu sais pas s’il a l’intention de se finir sur ton manteau ou sur ta gueule, mais pour dire vrai, t’as pas vraiment envie de la savoir et tu cours. Tu cours. Alors que ton droit, ce serait de lui exploser les couilles à coup de Doc Marteens.

    Et après on vient nous dire que les violences faites aux femmes sont des exagérations de féministes frustrées et castratrices…

    Mais un mec qui attend que tu sortes de chez toi, un matin où tu vas au boulot, pour venir se branler à côté de toi, on appelle ça comment? De la douceur? de la galanterie? de la délicatesse? C’est de la violence. Et j’emmerde tous les branleurs.

    On a encore du boulot, les filles! Courage ,courage et force!

    Merci pour ce blog, ces émotions exprimées tellement justement.

    Bonne suite, Marquise!…

  26. Beiby says:

    Merci Marquise pour nous avoir fait partagé ce texte émouvant,ce texte qui traduit le cauchemar que vivent ,parfois, nos femmes,nos mères,nos sœurs et filles victimes d’une autre forme de Terrorisme charnel … Tout ce que je peux te dire,vous dire que ce combat noble et juste doit être accompagné par tous les Hommes afin que ces choses là , que ces manières et ces trucs là ne se répètent plus ! Plus jamais ça !!!

  27. citi says:

    C’est touchant. Et tellement vrai. Je suis en colère. Et je n’ai rien de plus constructif à dire, ça me laisse démunie.

    (Tu manques sur mad, j’aimais beaucoup te lire. Ca fait plaisir de retrouver quelque chose d’un peu plus long que des tweets !)

  28. Youpi says:

    Je suis un mec.

    Je me suis fait agresser physiquement une fois: deux coups de poings au visage. Je sais que sur le coup je suis resté paralysé, incapable de réagir. Terrifié, avec dans la tête un « oh mon dieu je suis en train de me faire agresser ho mon dieu ho mon dieu ho mon dieu ».

    Quelques temps plus tard j’ai appris à me battre pour supporter ça. Plusieurs années de sports de combats variés, bref. Je sais qu’aujourd’hui je ne réfléchirais pas, que l’agression déclencherait une attaque, une riposte immédiate, réflexe. Comme un conditionnement.

    Je crois que si j’avais été dans votre situation, le comportement de cet exhibitionniste m’aurait fait l’attaquer. Je n’aurais même pas réfléchis, j’aurais frappé, attaqué, détruit. C’est la seule défense pertinente que j’ai jamais pu trouver à l’agression.

    Vous avez cherché refuge sur internet, mais internet est globalement une machine de haine, qui rit des faibles. Pas spécialement plus méchante qu’autre chose, mais sans pitié. Ne comptez que sur vous même et ceux qui vous aiment. Et ignorez un certain crétin dont les mérites sur le plan politique ne sont en rien un gage d’humanité.

  29. Sil3nce says:

    Bonjour,

    Je n’ai rien de spécial à dire, juste qu’en te lisant j’ai les larmes aux yeux, submergée par ces émotions que tu décris et que je ressens si fort depuis si longtemps sans pouvoir les extérioriser.

    J’ai la gorge nouée, j’étouffe, alors juste merci.

  30. Jul says:

    1) Merci (on peut dire ce maladroit « merci » faute d’un mot qui convienne mieux et faute de pouvoir te prendre dans nos bras pour te dire que nous les mecs, on te soutient et qu’on est avec toi et qu’on te défendra sans répit devant toutes les connasses ou tous les connards qui diraient que tu as quand même dû le chercher un peu quand même ?).

    2) http://lecerebro.leetchee.fr/trigger-warning-tu-seras-violee-meuf/#comment-108

    romanh a raison ! TA RÉACTION A ÉTÉ LA BONNE RÉACTION. Tu n’as pas eu tort, tu n’as pas été faible, tu as fait ce qu’il fallait faire. Clair ?

    Répète cent fois chaque phrase en respirant (par le nez), calmement !

    3) http://lecerebro.leetchee.fr/trigger-warning-tu-seras-violee-meuf/#comment-122

    Puis-je suggérer que tu te mettes à une activité physique un peu intense ? Je ne pense même pas à un art martial-pour-te-défendre genre ultimate body mortal killing defence boxing, je pensais juste à un truc bien défoulant qui te permette d’expulser la boule que tu as là et qui t’empêche de respirer.

  31. Julien Hucault says:

    Les gens qui disent que ce genre d’agression reste un fait isolé et marginal ne fréquentent visiblement pas le quartier pornographique d’internet, qui en est véritablement rempli. Sur Tubegalore, la catégorie « flasher » contient 47 000 vidéos (oui parce que c’est un tag, des mecs, nombreux, se masturbent sur les vidéos de gars qui se filment entrain de faire précisément ce que Marquise relate ici).

    Alors bon, moi aussi je tique un peu quand je me retrouve sous sa prose parqué dans le même enclos boueux que les oppresseurs libidineux, mais j’ai quand même plutôt envie de faire profil bas.

  32. Liliane says:

    bonjour Marquise.

    Tu poses la question du pourquoi.

    Il y a quelques années j’avais eu des problèmes de violence conjugale (pas tout à fait le même problème que toi, mais même fond de domination patriarcale).

    Je me suis souvenue d’une émission à la télévision avec Daniel Welzer-Lang, j’ai acheté son livre « Les Hommes violents », et j’ai largué le mec (en lui offrant le livre).

    Je pense qu’il peut t’apporter quelques éléments de réponse.

    Bise

  33. Liliane says:

    it’s me again. Toujours sur la question du pourquoi qui me semble fondamentale pour que tu puisses mettre un sens sur ce qui t’arrives, avec l’objectif de pouvoir vivre sereinement, finalement, ce qui n’est pas rien.

    Une autre référence m’est revenue. Une nuit j’écoutais Françoise Héritier (ethnologue) à la radio. Elle a raconté ce conte africain (que je restitue comme ma mémoire l’a enregistré, c’est-à-ditre très imparfaitement) :

    Avant, hommes et femmes vivaient séparés. Les hommes engendraient les petits garçons, et les femmes engendraient les petites filles. Une nuit, les hommes sont venus chez les femmes et en ont profité pour assouvir leur propre plaisir. Cela a déplu aux dieux qui, pour les punir, les ont privés de la capacité d’engendrer des garçons et l’ont donnée aux femmes.

    Il m’est toujours apparu que la seule différence ontologique entre hommes et femmes est la capacité des femmes à avoir des enfants. Enfant, je m’étais longtemps demandé pourquoi être une fille était souvent présenté comme une malédiction alors qu’elles ont le pouvoir fabuleux de mettre au monde les enfants. Alors, j’ai eu l’intuition d’une jalousie inconsolable des hommes pour cette capacité qu’ils n’auront jamais (idée que j’ai rarement vue exprimée). Ce conte semble aller dans ce sens. Françoise Héritier exprimait aussi qu’outre le fait que des femmes aient le monopole de l’enfantement, le fait qu’elles puissent fabriquer des petits hommes est encore plus « scandaleux ».

    J’espère que cette nouvelle piste te sera profitable.

    Bise.

  34. Liliane says:

    [Pas bien terminé mon message précédent, désolée]

    Il me semble que cette inégalité entre femmes et hommes devant la capacité à fabriquer des enfants peut être une réalité angoissante qui expliquerait (en partie) les racines de la société patriarcale, des « valeurs » qu’elle porte et les conséquences en termes de violences (verbales, psychologiques, physiques, sexuelles, etc.) envers les femmes simplement parce qu’elles sont femmes. En effet, pendant des siècles la seule possibilité pour les hommes d' »avoir » des enfants, c’était d' »avoir » la femme qui allait avec (indispensable dans le jeune âge avec la nécessité d’allaiter), de l’empêcher de partir (avec les enfants), de la contraindre, de la dominer, etc.

    Ceci n’excuse rien mais permet d’envisager une origine quasiment viscérale (pas d’utérus dans les ventres masculins) à cette violence.

    Je fais l’hypothèse qu’il faut exprimer cette cause pour engager les hommes à faire le deuil de la capacité à avoir des enfants, d’autant plus que les conditions de vie moderne ont changé la donne : les hommes peuvent maintenant élever des enfants sans avoir une femme à leur côté ce qui peut représenter une forme de libération.

    J’espère avoir été claire (ce n’est pas facile sur ce sujet délicat).

  35. Lyz says:

    Un jour,

    J’étais avec ma meilleure amie à un arrêt de bus. Nous discutions après avoir fait les courses. Soudain, ma meilleure amie, me glisse doucement à l’oreille « regarde le mec là-bas »…alors manquant de discrétion, je regarde, curieuse. Il s’agissait d’un homme, qui avait une trique monstre. Un peu surprise, je ricane, mais le hic, c’est que dans la manoeuvre, j’ai croisé son regard. Du coup, il a du se sentir invité, enfin il était louche. Il s’approche donc et commence à se branler, par dessus son short. D’un réflexe presque reptilien, nous nous redressons et tentons d’éviter cette énergumène ! On en a presque oublié nos courses, enfin surtout les bouteilles d’eau trop lourdes et trop loin, pour prendre le risque de perdre en rapidité. Finalement, nous croisons une fille, que ma meilleure amie connaissait, elle fige, baisse les yeux et part d’un trait dans une autre direction…elle avait été violée, et devant ce spectacle, elle devait fuir.

    Il était au plus 16h de l’après-midi. Il y avait des enfants, des parents, des jeunes, des vieux. Tout le monde faisait « comme si de rien était »…il est déséquilibré, ce n’est pas de sa faute !! C’est tellement facile.

    Nous finissons par rentrer, nous discutons sur le chemin, nous en venons à la conclusion, qu’on ne peut pas faire comme si ce n’était pas de sa faute. Il n’est peut-être pas responsable légalement, mais dans ce cas, c’est à nous de l’être, pour lui et pour les autres. Nous posons nos courses. Nous allons au commissariat. Nous déposons plainte. Nous le prenons bien, nous rions un peu avec le policier, de cette situation. Il nous demande, si nous pouvons l’identifier, si nous sommes sûre de la description, et là nous rions en disant que nous avons une photo…enfin juste du bas, le policier ricane et regarde la photo. Ce n’est pas suffisant pour l’identifier, mais nous avons juste sur les habits.

    Nous avons fait notre devoir. Ni plus, ni moins. Quelques semaines ou mois après ce dépôt de plainte. Nous recevons chacune un courrier. Nous devons venir faire une séance d’identification. Il a été retrouvé. Nous l’identifions. Plus tard, nous apprenons qu’il sera jugé pour exhibitionnisme, il a récidivé plusieurs fois, et c’était approché trop près d’un enfant après nous.

    Son psychiatre dit qu’il n’est pas dangereux pour les autres. Il n’attaquera peut-être jamais physiquement, mais ses actes sont en soi une atteinte à autrui, une violence morale.

    Alors, devant un problème, j’ai utilisé la seule solution que j’ai pu trouver. La loi. Ca ne marche pas toujours, c’est sur, mais quand nos actes citoyens sont récompensés par des actions concrètes; alors nous luttons contre la peur.

  36. Tingy974 says:

    Bonjour de Maurice

    Je me sens juste enragée et…légalement(!) impuissante contre toute cette merde* qui rampe chaque jour, vers une quasi « évidence » sociale !

    Chaque jour je vomis ma colère sur http://tingy-tanana.blog.fr…pour ne pas mourir étouffée dedans*

    Amitiés à toutes

    PS- j’ai aussi créé le  » Village des Vagins » sur l’île de Nosy Komba -Madagascar (paru en 2000 et épuisé), pour me réfugier aussi souvent que le besoin s’en ferait ressentir…

  37. Gautier says:

    J’aime ce texte et je suis touché par sa force.

    La terreur devant la violence est la même pour tous. La société instille une peur supplémentaire pour les femmes, impossible de le nier, mais nous sommes (presque) tous des moutons. Parce que nous ne comprenons pas la brutalité, que nous nous sentons impuissants face à elle. Parce que même pour ceux qui en ont été victimes, elle demeure étrangère, incompréhensible.

    Et s’endurcir c’est déjà l’accepter, lui accorder une place dans notre vie. Ce n’est pas une pensée agréable, c’est quelque chose que nous rejetons, parfois sans en prendre conscience.

    Pour ces twits particuliers…je pense comprendre comment ils ont pu être vécus, ce qu’ils ont représentés. Pour avoir tout suivi depuis le premier jour, ils ne me semblent pourtant pas avoir véhiculé le message qu’on leur porte.

    Probablement pas le meilleur endroit pour en parler.

  38. Amélie says:

    Bonjour Marquise,

    Merci pour ton article, je partage totalement ton point de vue, tes questions, ton incompréhension et ton rejet face à cette éducation de la crainte et de la soumission, qu’on nous transmet de façon plus ou moins consciente. Ce que tu décris m’est arrivé aussi, il y a quelques années, dans le train. Un mec assis devant moi, j’écoutais de la musique, le regard dans le vide, et à un moment, j’ai baissé les yeux, machinalement. Gros choc bien sûr, pas besoin de rentrer dans les détails, mais passée l’envie soudaine de vomir qui m’a prise, j’ai arraché mes écouteurs et je lui ai hurlé de déguerpir. Il s’est empressé de se rhabiller en s’excusant et je ne me suis arrêtée de crier que lorsqu’il est descendu à la station suivante. Avant ça, il y avait eu d’autres choses bien sûr, quotidiennes, les regards, les sifflements, les flatteries déplacées et puis les débats avec les potes mecs pour qui « se faire siffler, c’est chouette, ça prouve qu’on plaît », qui ne comprennent pas qu’à force, on ne se sent plus vraiment en sécurité ni libre de ses mouvements, qu’à force, on finit par bannir certaines tenues par peur de provoquer certains comportements. Alors bien sûr, ce n’est pas dramatique, mais c’est lourd. Et surtout, c’est injuste. Comme si la femme provoquait la foudre, en permanence. Mes deux soeurs ont aussi connu ce genre de situations, plusieurs fois, alors à force, on a appris à s’affirmer. Mais c’est quitte ou double. Jusqu’ici, on a toujours réussi à faire « fuir » le(s) type(s), mais ce n’est pas garanti. Bref, toutes ces questions me fatiguent. Aujourd’hui, on se déplace en scooter, on est donc beaucoup moins exposées, mais ce constat me fait peur, en fait. J’imagine souvent les réactions que je devrais avoir, car bien sûr, je ne réagis pas systématiquement. Quelle est la meilleure stratégie : agressivité ? humour ? dédain ? Que de réflexions pour sortir de chez soi… Bien à toi.

  39. Spangle says:

    Normal, comme tu dis. Au sens de « dans la norme ». Ce sont les victimes qui voient tout de travers, leur traumatisme « augmentant les ressentis » les fait exagérer. Eh bien non. Non. Non. Les limites de chacun’ sont différentes, et quand on y met de la bonne volonté on peut se tromper. Mais outrepasser volontairement les limites d’autrui se fait toujours de la même façon, et « ne pas comprendre » ça, ce n’est PAS normal, au sens d’acceptable moralement.

  40. Spangle says:

    Il n’y a pas de symétrie. Les hommes n’ont pas choisi individuellement d’être des privilégiés, mais ils le sont et quand ils se défendent de leurs intentions auprès des femmes, c’est comme si je demandais à un enfant-esclave de me réconforter parce que c’est pas ma faute si je suis né’ dans un pays riche. Ils n’ont pas, ni toi qui es assez ambigu là-dessus, à se justifier mais à agir, à la mesure de leur embarras d’être dans cette situation. Et eux, penses-y, ils ont juste à agir. Ils ne doivent pas comme les femmes agir en plus de subir.

  41. Spangle says:

    D’hommes de merde ? Pas d’accord : l’oppression s’appuie autant sur les femmes que sur les hommes. Les normes de genre fabriquent des connards et des victimes de connards, mais c’est tout le monde qui les fabrique ! C’est autant les femmes que les hommes qui offrent des pelleteuses et autres jouets phalliques aux petits garçons, qui disputent les petites filles dès qu’elles prennent un peu d’autonomie, etc. Faut attaquer ce système à la base, à la chaîne de montage. Et pour ça ne pas se lancer dans une stérile « guerre des sexes ». Les machos sont les pires, et oui, ne pas les laisser faire leurs saloperies ça fait partie de la lutte, mais si on se limite à ça on n’ira pas bien loin. Les femmes qui se sont battues pour porter des pantalons, mais aussi les hommes qui ont affronté insultes, mépris et passages à tabac pour avoir refusé le modèle de genre « viril », sapent mieux le machisme que toutes les remontrances qu’on pourra faire à des salauds.

  42. Spangle says:

    Merci. On le sait, qu’il y en a des comme toi, mais ça fait du bien à lire. Des tas de mecs se dédouanent en disant « ah ben nan, moi je ne ferais jamais ça ». Mais assez peu se sentent concernés au-delà de LEUR propre culpabilité ou « non-culpabilité » (je fais partie / je ne fais pas partie de ces salauds). Beaucoup de mecs se lavent les mains des injustices et des violences que subissent les femmes, comme si c’était « le boulot des féministes » (donc, de femmes). Merci de voir qu’avant d’être un homme, tu es un membre de cette société et qu’à ce titre tu es concerné par le sexisme.

  43. melincka says:

    Beaucoup d’hommes sont aussi obnubilés par la peur de la pénétration. Ils veulent te sodomiser, propose leur la pareille, la réponse est quasi systématiquement non. Pourquoi ? L’objectisation commence déjà à ce stade. Pourquoi vouloir faire quelque chose à quelqu’un qu’on n’est pas prêt à vivre soi même ? Il ne s’agit pas, à mon avis, de la peur de la douleur, mais du plaisir que cela pourrait engendrer. Peur de l’homosexualité, d’être réduit au statut de pénétré (de femme…). Toutes ces blagues, que j’entends à longueur de journée, sur la pénétration annale … peur de l’homosexualité. Tout les hommes qui te disent que ce n’est rien, que eux ne sont pas comme ça, propose leur une partie de gode ceinture, propose leur qu’un pote homo se masturbe à leur gueule, dans combien de cas la réponse sera « jamais ! » ? Mais ils ne sont pas comme ça…non eux ne sont pas des machos, mais être pénétré « jamais ». Pourtant homme comme femme, ont a tous un cul non ?

  44. Kwiskas says:

    J’en suis chamboulé. Je me demande si je suis vraiment un homme, au fond :s . Peut être une réaction égoïste, qui fait que je ne veux pas être associé à … « ça ».

    Ou peut être est ce l’impuissance ? Me dire que ça me dégoute, mais que je ne sais pas quoi y faire ? Que puis je y faire ?

    Je suis désolé de ce message qui ne sert pas à grand chose.

    Je te souhaite plein de courage (même si tu en as sans doute plus que moi) et de bonnes choses.

  45. Maravilla says:

    Tout à fait d’accord on n’est pas loin de l’ancienne notion antérieure aux années 70 qui démentaient la gravité du viol. Il faut se rappeler que l’exhibition est un délit ainsi qu’un signe pathologique mental fort! Je ne comprends que des individus cautionnent des propos aussi infecte que ceux du parti pirate!

  46. Jérôme says:

    Je viens de lire ce texte après être tombé sur un de tes tweets. Apparemment, il y a eu un commentaire plus que désobligeant qui t’a rendue folle de rage. Alors je suis venu voir, par curiosité.

    Quelque chose m’a frappé dans ton texte : ton rapport à la peur.

    J’ai moi aussi été agressé, il y a bien longtemps, dans le métro. Rien de sexuel, toutefois, seulement l’envie de me piquer mon portefeuille. Trois types m’ont serré de près et je me suis laissé coincer dans un coin. L’un d’entre eux a posé un couteau sur mon ventre.

    Je vois encore cette lame sur mon estomac. Et surtout, je me souviens de ce flot d’émotions qui m’a submergé : la peur, la rage et ce sentiment d’impuissance. Je pourrais écrire les mêmes mots que toi : « La peur débordante, dégueulante qui t’envahit comme un serpent, une explosion, ton cerveau qui fait boum soudainement. Boum. Boum. BOUM. Incontrôlable, ingérable, terrifiante, un sentiment de pur terreur, panique« 

    Ce jour-là, j’ai ressenti que je pouvais mourir si ce type que j’avais en face de moi décidait de me mettre à mort. J’ai attendu que ça se termine en espérant qu’il n’en fasse rien. Pendant quelques secondes, j’ai connu ce que peuvent connaitre les femmes victimes de viol : cette impression d’être écrasé par la domination d’un autre. Tout comme le font souvent les femmes violées, je me suis dit que c’était ma faute : je n’avais pas su réagir. Je n’étais pas un homme digne de ce nom. Même si j’avais voulu résister, ce flot d’émotions m’en aurait empêché. J’avais perdu ma virilité.

    Lorsque tu parles de l’agression que tu as subie, tu écris que tu n’étais pas prête. Moi non plus, je ne l’étais pas. Alors j’ai passé les années suivantes à me préparer. Je pratique les arts martiaux et la self défense depuis plusieurs années. Et un jour, pour un regard échangé, un type a voulu s’attaquer à moi. Il m’a jeté un regard complètement dément et il s’est approché pour me taper dessus. Et qu’est-ce qu’il pouvait bien avoir dans sa poche? Un couteau? Peut-être. Mais peu importe : ce jour-là, j’étais prêt.

    Quand je dis que j’étais prêt, je ne veux pas dire que je lui ai cassé la gueule en lui balançant des high kicks au visage. C’est même tout le contraire. Alors que quelques années auparavant, je m’étais laissé piéger dans un coin, j’ai simplement gardé ma distance de sécurité par-rapport à lui. Bref, je ne me suis pas mis en danger et il n’a tout bonnement jamais eu l’occasion de me frapper.

    Mais surtout, ce coktail d’émotions que j’avais ressenti la première fois s’était envolé. Je savais ce que j’avais à faire si ça tournait mal. Le plus intéressant, c’est que ce n’est pas seulement la peur qui avait disparu. La haine terrible que j’avais ressenti contre mes précédents agresseurs, celle qui était dûe à ce sentiment d’impuissance et d’écrasement, celle-ci aussi s’était envolée. Là, un type voulait m’agresser. Bon, ok. J’allais faire pour le mieux pour m’en sortir sans casse. Je savais comment faire, globalement. Voilà tout.

    Ce calme, c’est vraiment ce qui m’a le plus surpris et impressionné après coup. Ce jour-là, j’ai compris que les arts martiaux ne consistaient pas à s’entraîner pour devenir plus fort que les autres. Dans la rue, rien ne distingue un champion d’arts martiaux d’un autre passant. On peut toujours tomber contre quelqu’un de plus fort que soi. Mais la maîtrise de soi qu’apportent les arts martiaux permet de prendre les bonnes décisions en toute situation et d’éviter de se mettre en danger.

    C’est justement ce problème que tu soulèves quand tu dis que tu sors armée, mais que tu n’as pas été capable de te défendre. Le combat est un art, mais pas à cause de la technique. Donner un coup de pied dans les couilles d’un agresseur est facile, en soi. Mais garder la tête froide alors que sa vie ou son intégrité physique est en jeu est nettement plus délicat.

    Je n’ai pas à te dire ce que tu dois faire (ce serait le pompon, sur ce blog!;-)), mais quand je vois la colère que tu peux ressentir face à ton impuissance, je ne puis que te conseiller la pratique d’un art martial. Par pour éclater des gens dans la rue, mais pour apprendre à maitriser tes émotions.

    Dans le cours dans lequel je vais, il y a presque une parité fille-garçon.Je trouve que ces filles pratiquent le féminisme en actes. Parce qu’elles ne veulent pas baisser les yeux. Parce qu’elles ont trouvé un moyen de vaincre leur peur.

  47. armel h says:

    « Pourquoi ? » – et bien, pour rien, ou enfin si, parce qu’ils n’ont pas été éduqués, ou n’ont pas voulu être éduqués. Vouloir trouver une autre raison, ce serait penser qu’il y a une raison, donc quelque part laisser entendre qu’il y a une explication, une justification.

    De même, je ne crois pas qu’il y ait de honte à avoir une réaction de fuite – d’une part parce que la fuite est parfois la meilleure défense (c’est bien, après coup, d’imaginer ce qu’on aurait pu faire pour se défendre et lui faire passer définitivement l’envie de recommencer…mais si ça ne marche pas, si on perd ? Après tout c’est un peu comme se faire menacer par quelqu’un avec un couteau : vaut sans doute mieux s’enfuir, même si après coup on se dit qu’il aurait été plus classe de résister et de lutter et de gagner… certes mais alors on aurait aussi pu se prendre un coup de couteau, aussi)

    Évidemment, heu, le sentiment de honte, lui, ne se raisonne pas, c’est un sentiment. Mais penser qu’il y a réellement une honte à avoir une réaction de fuite plutôt que de lutte, n’est-ce pas finalement se soumettre à ce système de pensée qui ne valorise que la lutte, le dominant, celui qui gagne par la violence, et méprise la fuite ?

    (dans un autre ordre d’idée, combien de soldats morts pour rien à travers l’Histoire parce que la fuite était considérée comme honteuse et seule la lutte valorisante, quitte à y perdre la vie ?)

    (et, attaqué par un animal, par exemple, il n’est pas honteux de fuir, même si après coup on se dit « ah mais j’aurais peut-être pu le maîtriser » – et perdre un bras, oui, tiens. Donc, là, pareil.)

    (Évidemment, cette tentative de réflexion est sans doute un peu dérisoire face à ce que vous exprimez dans votre texte, réellement boulversant,

    mais comme sinon tout a été dit…)

  48. armel h says:

    …/…

    Après, sur le « pourquoi tant d’hommes qui ne prennent pas la mesure de ces actes », qui haussent les épaules et disent que c’est bien exagéré come réaction, ou ne l’expliquent que par le « ressenti » uniquement dû au passé de la victime…, sans voir en quoi ces actes, même sans contact physique, sont une agression grave, violente et condamnable, je n’ai pas d’explication.

    Ai-je le droit, par contre, de tiquer sur ce terme de « patriarcat », qu’on retrouve toujours comme un leit-motiv dans les textes soit féministes, soit tout simplement de défense des droits des femmes ?

    Parce que « patriarcat », c’est formé sur « père ».

    Or, justement, ces hommes là ne sont pas « pères ». Ils ont peut être engendré ici ou là un enfant par hasard, mais ils ne sont pas « pères ».

    Je suis mari, et père (d’une fille, en plus), et pour moi (c’est du moins ce que je vis) le père est au contraire celui qui respecte, qui enseigne peu à peu la confiance en soi, l’indépendance aussi en permettant de l’expérimenter en toute sécurité ;

    un homme qui agit en agresseur, ou ceux qui minimisent ce type d’agression, ne m’apparaissent pas du tout comme « pères » – ces derniers, en tout cas, ce refus en chœur de tout jugement moral concernant la sexualité tant qu’il n’y a pas « d’agression physique* » m’apparaissent bien plus immatures ou adolescents qu’adultes dans leur réaction, bien plus « ados » que « pères », parce que le père c’est… enfin c’est le sens des responsabilités, quoi, et là on y est pas du tout, au contraire.

    (*au passage, on pourrait aussi passer un moment sur l’absurdité de cette opposition entre « agression » (visuelle, psychologique) et « agression physique », et le dualisme que cela suppose : comme si la vision imposée, le ressenti créé chez la personne agressé, le sentiment d’impunité de l’agresseur, ça n’était pas physique :

    comme si le monde extérieur n’était qu’une pure « idée » dans notre tête tant qu’il n’est pas entré en contact avec notre peau,

    comme si de tous les sens seul le toucher était physique et « réel » – mais enfin ça ajouterait encore des pages de commentaires.)

    Évidemment, pour celles et ceux pour qui « père » évoque surtout la violence (ou le viol) familial, comme vous le décrivez de façon si poignante au début de votre texte, ce que j’écris là va sembler absurde ou déplacé.

    Mais même ces « pères » là, sont-ils vraiment pères ? Je veux dire, quand on ne considère pas son épouse comme « la chair de sa chair » et ses enfants comme des êtres à protéger pour leur permettre de devenir adultes à leur tour,

    on n’a donc aucun lien de « père » avec eux.

    De même qu’être un mâle ne suffit pas à faire un homme, de même être géniteur ne suffit pas pour être père.

    J’avoue, donc, que, oui, je me sens insulté quand on parle de la « domination des hommes » ou du « patriarcat » :

    non. Parlez de mâles qui se veulent dominants, de violence mâle,

    mais justement pas d’hommes, et certainement pas de pères. Donc, pas non plus de « patriarcat ».

    D’ailleurs, si le discours qui veut mettre en lumière l’abjection de ces comportements (aussi bien celui des agresseurs que ceux qui les excusent), assimile également l’image te le rôle des « hommes » ou du « père » avec cette attitude de domination violente et agressive (ou de domination, tout court, même non violente elle n’en serait pas plus acceptable),

    alors comment espérer éduquer, comment espérer transformer,

    puisqu’il ne resterait plus aucun rôle masculin à proposer en but et en modèle ?

    Si on laisse entendre que se vouloir homme et père, renvoie forcément à ces schémas de domination, alors que reste-t-il à proposer aux garçons ?

    Ou alors parler de « vrais hommes » et de « vrais pères » ? Mais ces termes et le concept ne me semblent pas beaucoup mis en avant dans les textes féministes. (là, j’ai dérivé vers un autre sujet : il est évident que votre texte à vous n’allait pas mettre en avant ces réflexions, ces concepts, ça n’en était pas le sujet, on ne passe pas de « la peur du viol » à « tiens, parlons tranquillement des papas qui jouent aux playmobils avec leur fille »)

    Toutes mes excuses pour la longueur de ce message, je ne pensais au début que tiquer un peu sur l’usage du mot « patriarcat », donc de « père ».

  49. Vanessa says:

    Armel H, Il faudrait un peu ouvrir un dictionnaire pour ne pas être hors sujet :

    patriarcat : forme d’organisation sociale et juridique fondée sur la détention de l’autorité par les hommes (wikipedia)

    patriarcat : Forme d’organisation sociale dans laquelle l’homme exerce le pouvoir dans le domaine politique, économique, religieux, ou détient le rôle dominant au sein de la famille, par rapport à la femme.

    C’est non pas les hommes ou les pères que les féministes combattent, c’est le système patriarcal qui leur donne plus de pouvoir dans toutes les sphères sociales, qu’ils le veuillent ou non.

    Du patriarcat découlent les images d’hommes conquérants, virils et actifs, et les images de femmes passives et fragiles, la séparation entre les putes et les saintes. Ces images sont entretenues par les deux sexes, bien peu dénoncent l’origine des discriminations sexistes et se contentent de constater leurs conséquences.

    Au passage, si ça intéresse quelqu’un :

    « non, c’est non : petit manuel d’auto défense à l’usage de toutes les femmes qui en ont mare de se faire emmerder sans rien dire ».

    Une lecture qui peut sauver une vie.

    http://www.editions-zones.fr/spip.php?page=lyberplayer&id_article=60

  50. Chiliboom says:

    Chère Marquise,

    C’est troublant de voir comme nos vécus se rejoignent sur de nombreux points. Je te remercie d’avoir su poser les choses que je n’ose pas encore formuler (je mets les mains dans le caca indirectement, via le « nous » réconfortant de Our Bodies Ourselves et du militantisme – mais j’ai peur d’ouvrir la trappe, dans ma tête et de me perdre).

    Je vais imprimer ton texte (si tu le veux bien) et le relire quand j’en aurais besoin. Comme King Kong Théorie, qui me fait ressentir qu’une grande soeur me fait l’énorme câlin dont j’ai besoin.

    Au passage… Les cours d’autodéfense féministe ont été une forme de thérapie pour moi… peut-être que pour toi, et pour d’autres ça peut avoir le même effet.

  51. Nico says:

    Je découvre effrayé un monde de violence que je ne connaissait pas, et dont je ne me doutais pas….

    Pauvre femmes, pauvre humanité,…. on voudrait que ce ne soient que des cas isolés mais ils sont hélas de plus en plus nombreux (ou de plus plus avoués?)

  52. JL says:

    Franchement ce témoignage ravive en moi la flamme de la haine envers les violeurs qui sévissent en toute impunité . Bande de sous-hommes que vous êtes !!! Si j’avais les moyens j’aurais crée depuis longtemps une milice anti-violeurs parce qu’il ne faut surtout pas compter sur les flics et leurs excès de zèle réservés à l’arrestation de gros bonnets de la drogue ou à la simple distribution de prunes, soit c’est plus valorisant, soit cela rapporte plus d’argent, on voit à quel point notre confiance envers eux laisse de plus en plus place à une attitude révoltée, indignée. je vais sûrement être taxé d’extrémiste, mais devant une police française qui reste souvent les bras ballants devant ce type d’affaire, je ne peux qu’apporter qu’une idée extrême.

    Honte à la police française !

    A mort les violeurs !

  53. Lyl says:

    Je suis désolée de te le dire, mais la police (et la gendarmerie) ne se contente pas d’arrêter les gros bonnets de la drogue et de distribuer des prunes, comme tu le dis si bien. Je le vois de l’intérieur, ils ont des tas de choses à faire, bien plus que ce que le public imagine, et ont de moins en moins de personnel pour ça. Alors forcément, si peu de gens dénoncent leur violeur, si le viol est dénoncé longtemps après que les preuves aient été détruites, ce n’est pas facile de gérer ce genre de dossier.

    Je connais quelqu’un qui travaille là-bas. Je suis sûre et certaine que si jamais il tombe sur un cas d’agression sexuelle ou de viol, il fera tout ce qu’il peut pour que justice soit faite. Grâce à cette personne, je sais que je peux sortir seule, et je n’ai pas peur des hommes. Ce n’est pas faute d’entendre des horreurs et de lire des témoignages de victimes…

  54. Talion says:

    Un article qui m’a bouleversé et poussé à écrire un peu à mon tour. J’ai balancé viscéralement mon histoire il y a quelques jours sur mon blog, j’ai donc écrit autre chose, un complément d’information comme l’indique mon titre.

    Parce que je suis émue et que je ne peux pas te faire savoir ce que tu as remué en moi autrement qu’en te montrant ce que tu m’as poussé à écrire.

    http://talion-klindt.blogspot.fr/2014/01/complement-dinformation-cataracte.html

    Parce que merci de parler au nom de toutes celles qui ne le peuvent.

    Que ce soit volontaire ou pas.

  55. JL says:

    Lyl , je voudrais présenter mes excuses par rapport à mon premier commentaire . J’avais une humeur un peu guerrière et révolutionnaire à l’époque . C’est le gouvernement qu’il faut blâmer , pas la police ni la justice , il suffit de regarder le budget alloué à cette dernière . C’est au niveau de l’Azerbaïdjan . Nous sommes à la limite de la voiture-balai .

  56. Martin says:

    Salut (oui mon pseudo est bien Martin je ne cache pas etre un homme) je lisais a la base l’ « article » de Mar_Lard et je suis tomber sur cet article qui est cité dans le sien (j’ai bien pris 3h a lire les 2 articles mais au final je ne le regrette pas) toute ma compassion pour ce que tu as vécu se « vider les couilles » que ce soit en se masturbant ou en ayant une relation sexuelle est certes un besoin humain naturel, mais la maniere dont tu l’as subi n’a plus rien d’humain ni même d’animal, c’est juste une honte il faut le reconnaitre que ce soit la société actuelle ou bien la race humaine en général, en ce monde tout est quand même bien pourri. Mais y’a des moments que la vie nous fait vivre qui valent le coup de continuer malgré toutes ces choses tristes, sales et humiliantes, énervantes etc… je n’ai pas eu le temps de lire tout les commentaires mais jveux t’exprimer ma compassion a travers ce message même si je suis un homme et que tu dois hair et te mefier de pas mal d’entre nous maintenant (compréhensible) aprés ce message vaut ce qu’il vaut a tes yeux peut etre penseras-tu que je suis qu’un salaud d’hippocryte et ça ben tant pis ecoute.. enfin bon voila je te souhaite quand même une bonne continuation si on peut le dire comme ça :)

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