Pourquoi iZombie est vraiment chouette.

J’ai peur des zombies, je déteste les zombies, les zombies me foutent une trouille d’enfer.
Depuis que je suis ado, je fais des cauchemars où ces crétins sont présents, en horde, avec leurs vêtements déchirés et leur visage décharné. Ils avancent lentement, me tournent autour et sont prêts à me dévorer. En général, je me réveille un peu paniquée en vérifiant sous mon lit qu’aucun mort vivant ne se planque discrètement.
Pendant longtemps, j’étais même incapable d’en voir en photo.
Au fil du temps, cette peur est devenue omniprésente et anxiogène. J’avais besoin de tenir la main de mon compagnon de l’époque quand je regardais The Walking Dead et c’était au prix d’un grand effort que je prenais sur moi pour ne pas crier à chaque apparition d’un zombie.
Au bout d’un moment, j’ai pris le taureau par les cornes. J’ai avalé tous les films de Romero histoire de me défaire de ma peur des zombies.
J’ai réussi à comprendre que les morts vivants de The Walking Dead n’étaient rien d’autres que des figurants avec lesquels Norman Reedus faisait des selfies parfois.
Mais bref, j’ai peur des zombies, je ne les aime pas, ils me fichent la chair de poule et rien ne me dit que nous sommes à l’abri d’une prochaine invasion de morts vivants fous furieux qui voudraient faire de mon bout de gras leur goûter de 16 h (ne vous moquez pas) (je me suis préparée mentalement à cette invasion de toute manière) !

Ça c’était avant iZombie.

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La série raconte l’histoire de Liv (Olivia Moore), une brillante étudiante en médecine qui a un fiancé génial et un avenir prometteur. Jusqu’au soir où elle décide d’aller à une fête sur un bateau. Malheureusement la soirée tourne mal, le bateau prend feu et Liv se réveille quelques heures plus tard sur une plage, transformée en morte vivante avec une faim vorace.
Heureusement, Liv n’est pas une zombie classique comme on peut en croiser dans les films de Romero : Liv n’a finalement que son corps qui est mort tandis que sa conscience d’humaine reste encore bien éveillée. C’est ainsi que, avec le teint pâle et un look digne d’une ado gothique tout droit sorti de The Craft, notre héroïne accepte un job dans une morgue légiste afin de pouvoir se sustenter goulûment de précieux cerveaux humains dont elle a besoin.
Mais l’un des intérêts principaux de la série, c’est les visions que procurent les cerveaux que dévorent Liz, visions qui lui permettent non seulement de s’approprier une part du comportement de la personne décédée mais aussi de résoudre des énigmes policières au fil des épisodes. Lors de la digestion de cerveau qu’elle trouve à la morgue légiste, Liz voit les souvenirs des victimes, ce qui lui permet de recoller ces morceaux du passé desdites victimes afin de trouver par qui elles ont été tuées.

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Dans sa nouvelle aventure, elle sera aidée par son nouvel ami, Ravi Chakrabarti, un jeune docteur charmant au fort accent british qui cherche pour elle un remède à sa condition de morte vivante (oui parce que manger des cerveaux tous les jours pose vite quelques limites d’ordre gustatifs, entre autres). Elle croisera l’homme à l’origine de sa zombification, Blaine DeBeers qui a monté une petite mafia du crime et elle résoudra des enquêtes policières et des affaires de meurtres avec Clive Babineaux, un détective qui pense que Liv a des visions de médium, ne connaissant pas son terrible secret.
La série fait évoluer le personnage de Liv tout au long des épisodes où l’on comprend vite que sa zombification est une métaphore pour parler d’agression sexuelle et que l’héroïne garde les séquelles d’un stress post traumatique.

Les enquêtes sont intéressantes mais le personnage de Liv est avant tout extrêmement attachant. On a envie de soutenir, d’épauler cette héroïne drôle et tourmentée par sa nouvelle condition de morte vivante.
J’ai énormément apprécié ne pas retrouver de contenu sexiste, raciste ou homophobe : si la série n’est pas entièrement parfaite dans les échanges, celle-ci regorge de personnages intéressants, d’hommes plutôt safe et agréables (et pas qu’à l’oeil, promis) dans leurs rapports avec Liv tout comme elle comporte aussi son lot de sales types inquiétants et dangereux.

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Chaque épisode est une nouvelle surprise pour le spectateur – la spectatrice : quelle vision va avoir Liv ? Quel comportement et personnalité va-t-elle posséder après avoir ingérer un nouveau cerveau humain ? Comment va-t-elle vivre cette nouvelle expérience ? La série permet aussi de découvrir de nouveaux zombies au fur et à mesure et de découvrir que tous ne sont pas aussi éthiques que Liv lorsqu’il s’agit de trouver de quoi survivre…
iZombie, c’est la série qui m’a fait aimer les zombies et avoir de l’empathie pour eux.
iZombie, c’est une série doudou, une série réconfortante, avec plein de chouettes choses : une héroïne attachante, drôle et intelligente, un allié humain sympathique, fun et avec un accent british mignon, des zombies mignons (je ne pensais pas dire ça un jour) et aussi des zombies crevards (on les aime bien quand même), des énigmes intéressantes et un scénario vraiment chouette ainsi que des questions éthiques passionnantes sur le rapport à l’humanité en tant que morts vivants.
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Je ne saurais que vous conseiller d’aller les yeux fermés, une poignée de cervelet, heu, de chips à portée de main et de vous jeter sur iZombie, sans compter que la saison 2 est actuellement en cours à l’heure où j’écris ces mots.

(Merci à Maxence pour la relecture)