Pourquoi vous devez voir Battlestar Galactica.

Il y a quatre ans, j’ai commencé Battlestar Galactica. Le format était sacrément moche et les voix étaient en version française : de quoi sérieusement me rebuter.
Ayant commencé sans avoir vu la mini-série et ne sachant pas que la série possédait ce « pilot » important à voir, je me suis assez vite perdue et j’ai donc regardé la saison 1 d’un œil distrait, sans être vraiment impliquée. J’ai lâché l’affaire vers la saison 2, n’ayant retenu de BSG qu’un format dégueulasse, une VF dégueulasse et un intérêt moindre.

Bref, tout ça, c’était il y a 4 ans.

Cet été, en Juillet 2015, j’ai vu mon amie M. tweeter régulièrement à propos de BSG. Elle avait l’air franchement enthousiaste, son enthousiasme m’a contaminé, j’ai demandé à un ami de mes prêter les DVD et je m’y suis lancée. Cette fois ci, on m’avait prévenu qu’il fallait que je trouve le pilot sur internet (nommé donc « mini série ») sans quoi une bonne partie de la saison 1 allait m’échapper.
J’ai lancé les premiers épisodes.

Je ne suis jamais repartie du Battlestar.

C’est bien simple : je crois bien avoir eu le meilleur trip de ma vie en termes de séries et j’en parle sciemment comme d’une drogue.
Tous mes sens ont été résolument tournés vers cette série pendant 3 semaines. Trois semaines à me lever, me coucher en pensant à cette série, en attendant avec impatience que mon ami me prête la suite des épisodes, en cherchant des livres, des fan fictions, des références sur les acteurs•trices, les scénaristes (et bien mal m’en a pris, internet is dark and full of spoilers), faisant simplement de moi un être monomaniaque et obsessionnel compulsif…Le comble quand vous avez des troubles de l’attention).
J’ai toujours aimé la Science-Fiction. J’ai grandi avec un oncle qui m’a fait lire Moebius et possédait des piles de bouquins d’Assimov. En bonne nerd, j’ai dévoré Stargate ado puis Docteur Who. En somme Battlestar Galactica avait tout pour me et vous plaire.

 

Battlestar-Galactica

Battlestar Galactica commence avec un propos plutôt classique et connu de nombreux connaisseurs•ses de SF. Les humains ont créé les cylons et ceux-ci se sont naturellement retournés contre leurs créateurs. Par la suite d’une explosion de leur terre d’origine et des douze colonies, les humains s’enfuient à bord du Battlestar Galactica avec de nombreux autres vaisseaux dans l’espace en souhaitant à la fois échapper aux cylons qui ne cessent de les poursuivre mais aussi dans une quête ultime de trouver la Terre afin de se reconstruire.

La série suit sur 4 saisons cette quête incessante, quête initiatique et fantasmée d’un monde accueillant sur lesquels l’espèce humaine pourra se reposer et vivre loin des cylons.
Mais là où le bât blesse, c’est que les cylons ont naturellement évolué loin de leur créateur et possèdent désormais une apparence humaine. Ils sont également capables de télécharger leur esprit dans un autre corps s’ils meurent, les rendant immortels. Enfin, ils poursuivent les humains sans relâche et avec une force de frappe contre laquelle les humains auront du mal à se défendre.

 

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L’originalité de la série réside alors en plusieurs aspects. D’une part, les humains et le monde que nous connaissons n’existent pas puisque que les humains viennent de différentes colonies rappelant les constellations (Caprica, Taurus, Scorpio etc). Leur religion est basée sur celles des dieux de Kobol à contrario des Cylons humanoïdes qui croient en un Dieu unique. Enfin, les instances politiques se divisent entre le pouvoir militaire et le pouvoir politique + démocratique avec l’élection d’un ou d’une présidente et d’un ou d’une vice-présidente.

D’autre part, et c’est là quelque chose qui m’a particulièrement séduit : les rapports de genre sont à l’opposé même de tout ce que j’ai pu voir dans une série et une série de SF. BSG est la seule et unique série qui ne comporte quasi aucun homme qui ne possède un comportement à proprement parler sexiste ou machiste qui soit légitimé. Non seulement les hommes ont des rôles important de père, d’ami, d’amant ou d’époux bienveillant mais chaque fois qu’un homme ose émettre ou avoir un comportement sexiste et misogyne, il y a toujours une femme pour le remettre vertement à sa place et se défendre (parfois même physiquement). Loin de moi l’idée de prétendre qu’il n’y a aucun personnage masculin qui ne soit pas un imbécile et un lâche fini (suivez mon regard vers Gaius Baltar), ni que le monde de BSG ne comporte pas de violences sexuelles ou conjugales, mais je n’ai pas relevé un seul comportement ou une seule remarque sexiste qui soit, de surcroît, validée par la narration ou la série en elle-même.

Les femmes sont d’ailleurs omniprésentes : en politique, dans les hautes instances comme Laura Roslin mais aussi dans l’armée, comme pilote (coucou Starbucks) de Viper. On trouve également plusieurs acteurs de couleurs (Bill Adama pour exemple) et plusieurs personnages LGBT (je n’en dirais pas plus ici pour ne pas vous spoiler d’avantage).

Enfin, la série regorge également de questions métaphysiques, philosophiques et politiques sur le pouvoir, la religion, les relations humaines, Dieu, les différences entre humains et machines.

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BSG possède une force prenante incroyable. Si le format peut au début désarçonner pas mal avec une impression de « reportage » plus que de série, on passe très vite outre ces détails pour entrer pleinement au cœur des intrigues et de l’action. L’ensemble est merveilleusement bien écrit, avec des rebondissements et des rapports humains forts, dynamiques, intéressants. Malgré son aspect dramatique, et je vous préviens, vous allez beaucoup, beaucoup pleurer, j’ai été vite perdue dans cet univers avec l’incapacité d’en ressortir sans connaître la suite.

Sur un plan plus personnel, il faut dire aussi que j’allais plutôt mal durant ces quelques semaines de visionnage. Je reparlerais de l’aspect thérapeutique des séries dans un prochain article mais BSG m’a aidé à ne pas sombrer dans le désespoir et l’auto destruction personnelle. Cette série a eu une vertu thérapeutique importante pour moi. Elle m’a permis de me rendre compte que j’étais parfaitement capable de me focaliser sur quelque chose et d’en retenir les principaux enjeux, ayant, comme je le disais plus haut, de gros troubles de l’attention avec hyper activité.

J’ai pu me reconnaître dans de nombreux personnages et apprécier pleinement leur évolution. Si tout n’est pas parfait, c’est la richesse de ce qui s’en dégage, la complexité de la biographie personnelle des personnages et parfois la manière dont pour certains ils surmontent leurs traumatismes, leur passé et leur douleur qui m’ont ému et dans laquelle je me suis reconnue. En tant que personne qui a vécu de nombreuses choses douloureuses et songe souvent à sa condition de « femme » en tant que classe sociale, j’ai réellement pris du plaisir à voir et m’identifier à des personnages féminins qui ont du courage, des émotions, mais aussi des faiblesses et qui existent en tant que telle et non pas uniquement comme faire valoir pour aider les hommes ou être un enjeu érotique. J’ai aimé le sarcasme de Starbucks et je voudrais avoir son courage, j’ai aimé la patience et la ténacité de Laura, j’ai même aimé la puissance magnétique, le charisme et la poigne de fer de Numéro 6 et j’ai réellement apprécié trouver enfin des figures masculines plaisantes, douces et bienveillantes. J’ai même aimé finalement Gaius Baltar mais tous les fans de Gaius Baltar adorent détester ce personnage (dont même l’acteur avoue qu’il a trouvé en son personnage un sacré gros con et lâche).

Sur une note plus pratique et finalement, j’ai pensé qu’un petit résumé de comment il faut voir les épisodes pourraient vous aider à regarder la série après ce pamphlet enflammé et enthousiaste sur combien BSG est merveilleux et formidable.

Quelques conseils tout d’abord : ne cherchez strictement RIEN sur la série, pas même un article, un nom d’épisode, rien, nada, niet. Internet est réellement rempli de spoilers, demandez plutôt à quelqu’un-e qui a vu la série de vous aiguillier si vous avez une question !

-Mini Série : en un ou deux épisodes. Attention, les sous titres en anglais et en français sont tous les deux décalés. N’abandonnez pas, ce pilot est très important !
-Saison 1
-Saison 2
-Film « Razor »
-Saison 3
-Web série Résistance (disponible sur You tube)
-Saison 4
-Entre l’épisode 12 et 13, web série « The Face Of The Ennemy » (disponible en streaming)
-Fin de la saison 4
-Film « The Plan »
-Film « Blood and Chrome »

Pour poursuivre l’aventure, série « Caprica » (se déroulant 50 ans avant la destruction de Caprica).

Au risque enfin de me faire détester par des puristes de BSG, inutile de jeter un œil à la série original de BSG. Il n’y a quasi aucune femme intéressante, les cylons sont une métaphore des communistes (merci le macarthisme) et l’acteur qui jouait Starbuck est un gros, gros connard misogyne.

So Say We All ! Et bonne chasse !

 

 

(merci à Seb Cooper pour l’aide précieuse de lecture durant le visionnage durant la série à Maxence pour la relecture).

One comment

  1. Sandy says:

    Bonjour ou bonsoir !

    Merci pour cet article ainsi que pour la liste chronologique des épisodes à regarder, c’est d’une grande aide ! :)

    J’avais Battlestar Galactica sur le feu depuis des plombes et j’avais besoin d’un avis pour me soutenir (un peu) après le pilot/ mini série super top.

    J’avais un doute aussi sur mon envie de voir la série de 78 ou pas. Ben là, c’est clair que ça ne me tente pas du tout, merci ! ;)

    Autre chose : j’ai pas eu de soucis pour visionner le pilote, le tout était bien synchronisé, j’ai dû tomber sur de bonnes sources. Et pour savoir qu’il y en avait un, c’est wikipedia qui m’y a aidé (mais ça fait un bail).

    Merci en tout cas ! Je repasserai sans doute sur ce blog qui à l’air bien sympa, bien écrit et plutôt esthétique, ça aide pour lire (y en a tellement des crados)

    Ch’tit défaut : j’aurais aimé savoir quand tu/vous avez écrit cette review, ça m’aurait permis de comprendre mieux mon retard ! ;)

    Sandy

    ++

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