Pourquoi Sense 8 mérite d’être vue.

C’est la fin de l’année, et j’ai donc pu joyeusement balancer mes copies par la fenêtre et me gaver de séries : que Dieu bénisse Netflix et le temps alloué à pouvoir m’adonner à ma passion favorite !

Au mois de juin, tout le monde ne parlait que de Sense8, qui était présentée comme LA prochaine série de SF à voir absolument, conçue par les géniaux Andy et Lana Wachowsky qui ont tout de même conçu Matrix – si vous connaissez vos classiques.
Une fois n’est pas coutume, en bonne sériephile addict, j’ai tenté de comprendre pourquoi et comment autant de gens peuvent aimer une production télévisuelle, et surtout curieuse de ce que Netflix nous a encore pondu, je me suis lancée à l’assaut du bébé de 12 épisodes. 12 épisodes, c’est pas grand chose quand on sort de 6 saisons de The Good Wife a raison d’environ 22 épisodes par saison, alors allons-y.

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S’il fallait définir Sense8, je dirais que le mot « amour » serait un bon sous-titre général. Toute la série transpire la bienveillance, l’affection, l’amour entre les personnages.
L’histoire, en résumé : 8 personnes arrivent à communiquer entre elles au travers de la planète sans avoir besoin de se rencontrer physiquement. On les appellent les « sensitiv ». Bien entendu, ces 8 personnes sont ultra spéciales et une organisation secrète rêve de mettre la main sur chacun et chacune d’entre eux et elles. L’intérêt de la série repose sur le fait qu’on suit les 8 à travers leur vie, leur histoire mais aussi leurs enjeux personnels.

Et ce n’est franchement pas de tout repos ! Ca castagne dans tous les sens : il y a du sang, des gens qui se tirent dessus, qui se frappent… et des accouchements en frontal – vous êtes prévenus, surtout si vous êtes phobiques, comme moi, des accouchements). Bref, Sense 8, c’est pas très joyeux dit comme ça. Mais voilà, c’est bienveillant.
Bienveillant à commencer par le fait que la série a voulu représenter plusieurs LGBT et personnes de différentes couleurs de peau : on a une femme transgenre, un homme gay et latin, un homme noir, une femme asiatique, une autre femme noire et lesbienne, etc, etc.
La série a voulu réellement laisser place aux différences de genre, d’identités sexuelles et de couleur de peau et autant dire que ça fait du bien. Ça fait du bien de voir des couples LGBT qui s’aiment, se désirent, ça fait du bien de voir des personnes de couleurs respectées dans leur culture et leur particularité sans tomber dans le cliché et la caricature. Ça fait du bien de voir autre chose qu’uniquement l’homme blanc hétérosexuel sauveur du monde.
Le seul petit bémol à cette série, c’est la prédominance de l’anglais : tous les sensitives parlent anglais et se comprennent via l’anglais. J’imagine que c’était un raccourcis choisi par facilité – les sensitives se comprennent cela dit aussi sans barrière de langue respective.

 

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Globalement, la série met du temps à démarrer. J’avoue qu’à l’épisode 6, je n’étais toujours pas convaincue par ce que je voyais, je n’arrivais pas vraiment à m’immerger pleinement. Il y a une trop grande facilité d’interaction entre les sensitives qui m’a surprise malgré la bienveillance entre eux et en même temps, l’histoire générale nous laisse pas mal de temps dans le flou.
Et puis soudain, vers l’épisode 9, les choses décollent follement. L’originalité, c’est que chaque sensitive est dans son pays et sa ville d’origine, chacun et chacune avec ses problèmes mais c’est leur rencontre, leur particularité commune qui fera leur force. C’est difficile de dire quel•le sensitive j’ai le plus aimé, mais le choix de mon cœur se porte tout particulièrement sur Riley qui a la palme de la poisse – je n’en dirais pas plus pour ne pas spoiler. Chaque sensitive est émouvant à sa manière au final.
La série se dénoue véritablement au dernier épisode et les sensitives s’apprivoisent enfin dans les derniers épisodes.

Sense8 n’est pas une série que j’ai adoré comme j’ai pu adorer d’autres séries qui m’ont rendu complètement accro au point de me dire « allez, encore un épisode et je dors ». Mais l’ensemble est si bienveillant, si touchant et l’amour qui découle entre chaque personnages m’a tant touché que je ne peux que vous recommander cette série. On sent que les Wachowsky ont voulu, dans toute cette série assez dramatique et violente, montrer une solidarité, une force entre des gens si différents qui ne se connaissent même pas, montrer qu’il est possible de surmonter les barrières des différences d’origine, d’orientation sexuelle, de genre et que ces différences sont finalement une richesse pour le groupe des sensitives.

Alors allez-y.

(Et puis il y a les meilleures scènes de sexe du monde !)

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