Etre féministe et être fan de séries TV : non, le sexisme n'est pas négociable.

Rha ces féministes fan de pop culture, elles cherchent vraiment la petite bête. Salut à toi lecteur/lectrice de passage  ! Aujourd’hui on va parler d’un de mes média favoris  : les séries télés. Je regarde des séries télés depuis quelques années mais avec un œil critique et féministe depuis deux ans environ et… malheureusement, certaines personnes n’aiment vraiment pas que vous soyez féministe et portiez un œil critique sur ce qui est considéré comme «  juste une série  ». Je pourrais parler durant des heures de Buffy, True Blood, Supernatural, Grimes, BattleStar Galactica, Docteur Who, Sherlock Holmes et tous leurs joyeux camarades qui sont sur mon PC, emplissent ma tête, mon cœur et mon tumblr. Mais je voudrais plutôt parler de ce que c’est d’être une féministe fan de pop culture.
Parce que les séries TV sont un média vu comme un «  loisir » pour «  divertir  » et que je les analyse tout en les appréciant (ou non), la société n’aime pas trop ça (et parfois mes amis-es qui en ont marre que je leur parle de Buffy pour la 150e fois dans la journée mais ça c’est un autre sujet). Je suis confrontée aux mêmes remarques incessantes sur cette passion vue à travers un œil militant, que cela soit sur internet ou dans la vie de tous les jours. J’ai donc décidé d’y répliquer une bonne fois pour toutes, étant donné que j’aime les séries et que je suis féministe, en espérant également que cet article parle à des amis-es militants-es et fan de pop culture. Nous verrons vite que certains arguments contre une analyse critique des séries sont aussi utilisés pour des jeux vidéos, des films, des comics etc.
Je ne m’attarderai pas sur le fond de chaque série, je m’en sers uniquement à titre d’exemple.

Bref, décryptons un peu les ressorts de cet argumentaire un brin classiques :

1 -L’argument « c’est l’histoire qui veut ça »  :(lorsque que vous êtes confronté-e à un storyline sexiste, discriminant et prétextant fond socio historique)

C’est probablement l’argument que je déteste le plus. J’ai regardé le mois dernier une série qui s’appelle Copper . Outre le fait qu’elle ne soit pas très originale, Copper est bourrée de prostituées, de femmes qu’on viole, agresse, de slut-shaming. (Un article en anglais relate très bien le problème ici). Bref, les femmes ne sont pas vraiment actives dans toute cette série mais plutôt victimes des hommes, de la violence masculine et d’une violence sexiste. Le problème dans ce genre de série sur fond historique, c’est qu’on ne peut PAS se cacher sur « c’est l’époque qui veut ça ». Déjà parce que c’est souvent faux et que c’est soit de la paresse intellectuelle soit un vrai mépris pour l’histoire des femmes et du genre. Vous trouverez en librairie, sur amazone et même sur internet des références sur les femmes comme actives dans l’histoire et non juste « victime de ». De plus, si vous partez du principe que dans une série sur « fond historique » comme Copper, Ripper Street ou Downton Abbey, vous êtes avant tout dans la fiction, vous êtes alors vraiment libre d’écrire ce que vous voulez. Vous ne pouvez donc pas vous cacher derrière l’argument « c’est l’histoire qui veut ça » quand c’est juste de la paresse voir parfois une vision caricatural de l’Histoire. Ou assumez alors que c’est une histoire uniquement du point de vue hétéro blanc masculin et cis genre et rien d’autre.
Une série comme Game of Thrones se produisant dans un monde médiéval fantastique propose différentes représentations de femmes (et d’hommes) et personne n’y trouve à redire (même si la série n’est pas parfaite sur certains points). Une série comme Mad Men arrive elle aussi très bien à dénoncer le sexisme tout en s’imposant comme une série dramatique de qualité. En tant que fan de séries, nous attendons donc beaucoup mieux qu’une soit disant forme de simplicité historique souvent fausse.

2 -L’argument « c’est du divertissement /C’est juste une série » « tu te prends la tête » :

Depuis quand le divertissement ne peut-il être réfléchi ? Depuis quand ce qui est de l’ordre du divertissement doit-il nous prendre pour des idiots-es en partant du principe que le spectateur – la spectatrice est forcément quelqu’un de moindre qui n’a pas envie de réfléchir   ?

Pourtant ne pourrait-on pas réfléchir face à ce qui nous divertit ? De nombreux exemples nous prouvent que cet écueil peut être évité, sans jamais remettre en cause les qualités (scénaristique, visuelle, etc.) de la série. True Blood traite parfaitement bien du sort des personnes discriminées / minoritaires dans la société. Downton Abbey arrive très bien à nous montrer les prémisses d’un féminisme et d’un empowerment féminin dans un milieu noble et patriarcale. Les séries (au même titre que l’humour) ne sont pas en «  dehors  » de la société  : ce n’est pas parce qu’on nous les propose que nous devons les prendre comme tels. Si en tant que fan, nous contestons certains aspects d’une série, c’est justement parce que nous attendons de ce qui nous divertit quelque chose de beaucoup mieux, quelque chose de qualité, quelque chose qui peut divertir et militer et il n’est nul besoin de mettre en gros le terme «  féminisme  » sur une série pour qu’elle le soit. Buffy, qui est une de mes série préférées y arrive parfaitement et a justement eu un impact considérable sur le public, notamment du fait de son féminisme .

Ce qui nous divertit semble être pour beaucoup de gens «  juste» un divertissement. Mais alors pourquoi y a-t-il des études culturelles, des thèses sur ces séries télés, leurs réceptions, leurs intentions, leurs publics ? Pourquoi existe-il tant de blogs sur les séries, des fandoms féministes de lecteurs-trices de ce type de média qui les regardent avec un œil critique ? Lorsque je me divertis, je n’attends pas à ce qu’on me lave le cerveau mais à ce qu’on me donne aussi quelque chose de qualité. Et on peut parfaitement faire passer des idées progressistes, des situations intéressantes et de bons personnages dans des séries télés. Je ne pose pas mon cerveau pendant que je me divertis.

3-L’argument «  tu vois du sexisme là où il n’y en a pas  »

Vous avez remarqué  : les gens n’aiment vraiment pas qu’on dénonce le sexisme dans la société mais encore moins dans ce qu’ils considèrent comme un simple divertissement. Le problème quand on est féministe, c’est qu’on le voit. Et on le voit parce qu’il est là, parce qu’on le vit et qu’on le retrouve dans ce qu’on aime. On le voit peut-être aussi parce qu’on est une femme / une personne LGBTIQ / une personne non blanche / concernée par le sexisme, le racisme, l’homophobie et les discriminations. Donc non, on «  s’invente pas  » une discrimination, on ne se «  victimise pas  »  : on le voit parce qu’il est réellement présent dans notre univers et parce qu’il fait partie de notre quotidien. J’ai personnellement arrêté de regarder How I Met Your Mother par exemple car c’est une série qui condensait beaucoup trop de violences discriminantes à mes yeux  ; violences que je peux voir car je suis concernée par ce sexisme et j’estime que ma parole a aussi son importance dans ce que je regarde.

4-L’argument « c’est de l’humour »:

Oui alors on a déjà parlé de ça plusieurs fois mais je vous invite chaudement à lire ces deux articles ici et ici du sociologue Denis Colombi qui résume beaucoup mieux que moi ce qu’est l’humour. On peut faire du très bon humour. L’humour, ce n’est pas un truc vide de sens, né de nulle part. C’est toi, moi, nous et vous qui faisons l’humour comme la société.

5-L’argument « il y a une femme forte donc arrête de râler, ça suffit à ce que ça te convienne ».

Tss, non. J’aime beaucoup Buffy. comme je viens de le dire, et j’entends régulièrement cet argument à propos de cette série. Mais si Buffy est une série complètement géniale, ce n’est pas JUSTE parce qu’il y a une femme « forte  ». D’ailleurs faire une femme « forte » ne suffit pas franchement à faire une bonne série, sinon Predators 3 (dans le registre du cinéma) serait un excellent film parce qu’il y a une femme noire un peu bad ass. Non, ce qui fait le succès d’une série comme Buffy, c’est la qualité, le tout, c’est une diversité de représentations féminines (et masculines), un scénario génial, un message à plusieurs lectures et pour beaucoup de personnes différentes (que vous soyez militants-es ou non). Donc non, je ne suis pas satisfaite quand il n’y a un personnage féminin « fort » et quand ce personnage a été juste placé pour que je ferme mon bec de féministe. Ça ne me suffit pas vu que je veux une œuvre de qualité autrement qu’en me donnant une femme en pensant que cela puisse me satisfaire, me faire taire. Si la « femme forte » est juste un faire-valoir pour ne pas être taxé de sexiste, ça ne suffit pas franchement.

6-L’argument « c’est pour dénoncer le sexisme ».

Haaaaa cet argument. Une pépite. Pour dénoncer quelque chose, il faut avoir du recul. Pour dénoncer quelque chose via l’humour, il faut se moquer de la discrimination, du sexisme, racisme, de l’homophobie et non de la personne qui est victime de discrimination. Une série comme Mad Men (à nouveau) arrive très bien à montrer un climat social de sexisme tout en le dénonçant, en articulant les relations de pouvoirs entre personnes discriminées ou discriminantes. Sur un autre registre, Game of Thrones y arrive plus ou moins sur certains aspects mais y échoue en surchargeant le tout de prostituées et de scènes de sexe sans autre intérêt que d’attirer le male gaze (chose que le livre fait beaucoup moins). Je ne suis pas certaine que Supernatural dénonce le sexisme lorsque son protagoniste principal, Dean Winchester, s’amuse à harceler tout ce qui bouge et fait une blague machist eà chaque femme qui passe étant donné qu’on éprouve beaucoup plus de sympathie pour le héros que les femmes selon l’angle de la caméra. En revanche, Buffy y arrive très bien lorsque Joss Whedon fait dire à Willow qu’elle préfère avoir le droit de vote qu’une époque patriarcale où les femmes étaient uniquement reléguées au rang de princesse et d’objet de désir.

7 -L’argument « ce n’est pas une histoire vraie donc c’est pas grave »:

Si ce n’est pas une histoire vraie, c’est donc une fiction ? Si c’est une fiction, pourquoi ne pas laisser libre cours à son imagination ? On en revient au point 1. (A propos d’une série très bonne sur les rôles de genre et la diversité ethnique et sexuelle, je ne peux que vous conseiller la série Real Humans… qui est une excellente fiction pour le coup.) Pourquoi se satisfaire de médiocre quand, justement, le recours à la fiction permettrait d’aller de l’avant  ? Arrêtez cinq minutes de prendre les spectatrices féministes de séries TV pour des idiotes.

8-L’argument « Ben oui du coup l’univers est plus réaliste »

Cet argument pourrait parfaitement rejoindre l’argument numéro 1 mais il se distingue car il mêle à la fois vrai et faux. Nous savons parfaitement que la société est pleine de discriminations et de violences et pas juste envers les femmes. A partir de là, on peut très bien vouloir dépeindre un monde rempli de ces caractéristiques mais encore faut-il s’en éloigner. Si vous êtes dans le cas de Mad Men, on se situe proche d’une réalité, d’une époque où des femmes tentaient d’avoir du pouvoir par le peu de moyens que lui offrait le patriarcat. Nous savons parfaitement que l’Histoire, même si elle présente pléthore de femmes indépendantes, fortes, différentes, courageuses a aussi fait de nous des victimes et nous le sommes toujours étant donné que nous sommes dans un système patriarcal. Sauf qu’en tant que féministes, nous sommes pour une utopie radicale. Nous considérons que nous pouvons aussi avoir notre mot à dire sur ce qui est de l’ordre de la fiction étant donné que nombres de femmes sont actrices, réalisatrices même si beaucoup plus invisibilisées que les hommes. A partir de là, nous sommes à la fois actrices de ces médias par leur réalisation et par le fait d’en être spectatrice / fan. J’estime donc avoir mon mot à dire sur ce que je regarde. Parce que je ne vois pas ce qu’il y a de réaliste dans une série qui parle de vampires qui boivent du True Blood ou qui harcèlent des jeunes femmes, où la magie opère, avec des loups garous qui s’entre déchirent, avec une entreprise de publicitaire créée de toute pièces ou basée sur la légende de Jack L’éventreur.

La vérité, c’est que les scénaristes tirent du réel ce qui les arrange, partant du principe que le public est bête et qu’il n’a pas besoin qu’on le fasse réfléchie… ou pire, que ce qu’ils gardent du réel (mécanismes sexiste, raciste…) n’a pas lieu d’être remis en question « puisque c’est comme ça ». C’est non seulement me et nous mépriser, mais c’est aussi se fourvoyer sur la « réalité ». Parce que si nous sommes plusieurs, beaucoup, nombreux-ses à contester une forme de réalité que nous voyons dans une série, c’est aussi que nous en attendons beaucoup, beaucoup mieux que cette paresse facile.

9 -L’argument « C’est pas parce que je regarde cette série que j’ai tué / violé quelqu’un-e  ! ».

Personne n’a dit ça et certainement pas moi. Parce que, comprenez bien, même en tant que féministe, nous pouvons adorer des séries imparfaites. Je suis fan de Supernatural et je connais quelques fans féministes de Supernatural alors que le niveau de sexisme et de machisme du personnage principal est incroyable. On ne vous dit pas que vous êtes un monstre parce que vous appréciez une série imparfaite ou emplie de discriminations, on vous donne juste un message. Etre féministe, c’est laisser ce petit message sur votre répondeur  : hey, j’ai vu ça dans cette série et c’est vraiment pas cool, voilà, tu en fais ce que tu veux. Évidemment, nous souhaitons vous sensibiliser et si vous avez l’impression d’être oppressée de femmes qui pestent contre les discriminations dans les séries, c’est peut-être aussi parce qu’internet nous offre une tribune et que nous voulons aussi occuper ce lieu de pouvoir et montrer que nous avons quelque chose à dire. Nous aimerions être écoutées. Personne ne vous force à apprécier ou détester telle série. Mais vous devez avoir à l’esprit que beaucoup de gens ne voient pas forcément ce que nous voyons et nous pensons avoir une influence sur la société, les médias de divertissement, l’éducation et les rapports entre hommes – femmes, noirs-es – blanchs-es, hétéros -homo, cis genre ou transgenre. Les séries sont un média de masse et c’est sous-estimer leur portée (bonne ou négative) que de penser qu’elles n’ont aucun impact – même minime – sur leurs spectateurs-rices.

10 -L’argument « t’as qu’à regarder autre chose »  :

Et pourquoi je devrais regarder autre chose ? Si je conteste cette série, c’est aussi comme je viens de le dire, parce que je pense qu’elle a une influence sur le public et que cette influence peut être bonne ou mauvaise. Si j’ai une analyse critique également, c’est que j’aime peut être cette série en dehors de ce sexisme (Supernatural mon amour) et donc j’en attends tellement mieux. Parce que je pense qu’il existe de très bonnes séries en dehors du sexisme, du racisme, d’homophobie mais que ces discriminations viennent pourrir toute l’histoire. Alors non, je ne regarderai pas « autre chose » pour faire plaisir à la société parce que je ne veux pas me taire sur ce qui ne me convient pas. Parce que la société me demande de m’exclure sciemment, parce que mon message dérange alors que c’est cette même société qui devrait peut-être aussi se remettre en question sur le sexisme dans ce qu’elle nous propose et qu’elle estime de qualité.

J’aime les séries pour tout un tas de raisons et j’y reviendrai certainement dans un autre article en parlant notamment de Buffy. Et c’est justement parce que je les aime que je les voudrais meilleures, que je pense qu’elles ont quelque chose à me dire.
Cet article est écrit de mon point de vue : soit celui d’une femme blanche cis genre et queer, mais vous pouvez trouver tout un tas d’analyses sur internet de personnes non blanche, non cis genre et se sentant mal représentées dans une série alors que fan de cette – ces dernières. Tumblr est une mine d’or de fandoms, de créations, d’écrits de jeunes militants-es. Cet article veut aussi vous montrer que ce n’est pas parce des séries sont emplies de préjugés, de sexisme, de choses discriminantes qu’elles sont forcément mauvaises ou que vous ne devez pas les regarder. Gardons juste un œil sur ce que nous apprécions. Il est important de dénoncer mais il est aussi important de se réjouir en tant que fan de la place que prends un média dans notre vie et c’est pour cela que nous parlerons de Buffy dans un prochain article.

15 comments

  1. Léna says:

    Je pense que le refus des critiques des séries TV sur un axe féministe, c’est à la fois de la paresse intellectuelle et de la condescendance culturelle (insérer ici une référence à La Distinction de Bourdieu).

    Sur la condescendance culturelle d’abord, je pense que c’est un refus de voir les séries TV comme un produit culturel pouvant avoir de la profondeur. Je me souviens que lors des premières diffusions de Buffy sur M6, des gens moquaient cette « série TV américaine fantasy pour adolescentes ». Quand tu réfléchis deux secondes à ce que ça veut dire, cette petite phrase contient quand même :

    _du mépris de forme (série TV et fantasy, genres par nature moins nobles, comme les portraits et les natures mortes à une certaine époque) ;

    _de l’antiaméricanisme primaire, qui à mon sens est grave car il vient de l’illusion que les Etats-Unis « n’ont pas d’histoire »; hors croire que les US n’ont pas d’histoire, c’est nier le bagage culturel/politique/religieux que les migrants apportent avec eux et oublier toute l’histoire améridienne ;

    _de la misogynie ;

    _de l’âgisme.

    Au final, ça ne dit absolument rien sur la série, pas plus qu’on ne peut savoir si un « film français réaliste pour quadragénaire » est bon en soi.

    Et c’est de la paresse intellectuelle car si on s’interdit de réfléchir à quel est le message politique véhiculé par une oeuvre, alors pourquoi est-ce que l’on passerait plus de temps à se demander si les personnages sont crédibles et complexes, si les dialogues sont percutants, si l’histoire est cohérente et nous tient en halène, si la photographie est maîtrisée ?

    Je pense que le problème est là, aussi : on nous donne des outils pour analyser les pièces de théâtre du XVIIème (attention, je n’ai rien contre les pièces de théâtre du XVIIème, mon meilleur ami est une pièce de théâtre du XVIIème), mais nullepart on peut apprendre à lire des affiches, des films, des séries TV et des bâtiments qui sont pourtant notre environnement culturel immédiat.

  2. Xael says:

    Tellement complètement d’accord avec toi et ton article, qui fait écho avec mes propres mots de ces derniers jours! C’est assez impressionnant / troublant de lire sur le blog d’une tierce personne ce que je songeais moi-même à écrire…

    Je pense tout de même en faire une note dessinée un de ces 4, en insistant sur l’aspect « c’est parce que j’aime le média et la série en question que je me permets d’y poser un regard critique, parce que je ne me contente pas d’engloutir les choses qui me plaisent, au contraire, je veux y réfléchir pour, qui sait, les rendre meilleure encore » (et je me tais là sinon je vais faire des analogies avec la cuisine haha).

    Nous avons un rôle critique à jouer, des codes à réinventer, une méthode d’analyse à se réapproprier, un regard à apporter, et Internet nous donne les moyens de le diffuser. Merci à toi pour cet article.

  3. Jeanne says:

    Disons qu’on ne peut pas être féministe à temps partiel. Mais les gens qui ne voient pas le sexisme s’imaginent sans doute que c’est une attitude qu’on décide d’endosser, plutôt qu’une réalité qui vient nous agresser alors qu’on n’avait rien demandé à personne.

    Personnellement, je trouve super intéressant d’analyser la société à travers les fictions et narrations qu’elle plébiscite. Cette réflexion est également tellement applicable à la romance (mon genre littéraire de prédilection), actuellement partagée entre des personnes qui continuent à vouloir tout excuser sous prétexte que « c’est du divertissement/de la fiction » (ou qui sont réellement sexistes/conservatrices…) et des lectrices/auteures féministes, qui pensent que l’on peut concilier une vision du monde plus égalitaire avec les impératifs du genre. J’étais aux anges quand j’ai découvert un blog intitulé « Romance Novels for Feminists ». Quelle bonne idée ! :)

  4. nhetic says:

    je plussois à 100% ce billet et je me sens moins seul du coup lorsque je commence à analyser en profondeur des épisodes de série que je devrais normalement regarder comme tout le monde en débranchant le cerveau.

    Du coup (c’est sans doute légèrement HS) mais je serais curieux d’avoir ton analyse sur Cloud Atlas un jour :)

    Beau boulot et bonne continuation :)

  5. Sylence says:

    J’ai trouvé ce billet intéressant, dans le sens où il est vrai qu’il règne un certain sexisme dans les séries (il suffit de toute façon de voir que souvent le personnage principal est masculin, et que l’héroïne est là pour la décoration, un peu façon jeu vidéo (comment ça le jeu vidéo est né après les séries ?)). Et si je suis d’accord sur le principe de ce billet, j’avoue que je trouve qu’il aurait pu gagner en développement, avec des exemples plus précis (je regarde assez peu de séries pour ma part et la moitié citées me sont inconnues), un argumentaire peut-être un peu plus développé également, par forcément du côté que tu défends mais celui que tu accuses, puisque très sincèrement, je trouve qu’on a un peu du mal à identifier toute la mauvaise foi de la chose, et que ça ressort assez mal.

    Après c’est tout simplement du chipotage, et je me rends compte que je me comporte comme ce que tu critiques dans l’article juste en dessous (si je me trompe pas) où tu parle des féministes qui se tirent dessus entre elles ou se font tirer dessus par un élément extérieur, donc je m’en excuse, mais je pense vraiment que ça mériterait une étude plus approfondie.

    Voilà, du reste, je te soutiens, j’aime assez ce que tu écris ! Et voilà o/

    Keur keur love,

    Sylence.

  6. Nymphetameen says:

    Merci pour cet excellent article qui fait du bien.

    Je me permets de te poser une question pas très utile. Un de mes amis me prend la tête depuis 10 min après avoir lu ton article en me disant qu’il ne voit pas en quoi doctor who et Sherlock sont des séries sexistes. Etant donné que je ne connais pas bien ces séries (je n’ai vu que quelques épisodes de DW), pourrais-tu m’expliquer vite fait ton point de vue sur cette question ?

    Merci encore et bonne continuation.

  7. Marc says:

    Empowerment, slut shaming, … Par pitié, parlez français, sinon dans un lointain avenir on deviendra une langue secondaire. Ne contribuons pas à l’anglicisation de la langue.

    Tu parles de féminisme, devrais je me mettre à plaider le francophonisme ? Ca me parait presque aussi important.

    Et ne viendez pas me cracher le mot « chauvinisme », car je plaiderais aussi volontiers pour toute langue riche envahie par l’anglais, que je parle pourtant couramment. Car si le langage structure la pensée, la Tour de Babel fut une bénédiction ;)

  8. Lana says:

    Je suis certainement d’accord avec toi. Bien que dans certaines séries, je pense sincèrement que le sexisme est involontaire et oui parfois il peut faire partie de l’histoire, si tu fais une série se passant au Moyen-Age c’est certain que la position de la femme ne sera pas bien vue. Cela dit, je ne sais pas si un jour tu liras ce commentaire, mais je crois que le plus choquant sont les séries qui font l’apologie de la culture du viol. Oui elles existent et le pire, c’est que c’est banalisé.

    J’ai souvent entendu parler de l’exemple de Gossip Girl mais moi ce qui m’a le plus choqué c’est celui de vampire diaries. L’histoire de base est très simple, c’est deux frangins vampires amoureux d’une même fille. L’un est gentil, l’autre est méchant. Voilà, certains fans de cette série parlait même d’un nouveau « Buffy », donc c’était avec enthousiasme que j’avais commencé cette série. Ce fut comme une douche froide, dans cette série, les vampires ont la capacité d’hypnotiser leur victime,.

    Ce qui s’est passé, c’est que une des amies de l’héroïne , un personnage un peu stéréotypée dans son rôle de « blonde allumeuse » (selon les termes de certains fans de cette série) a un faible pour le mauvais vampire, elle accepte même d’avoir des relations avec lui le temps d’un soir. C’est le lendemain, qu’elle s’aperçoit qu’il est un monstre et ne veut pas de lui, malheureusement il l’hypnotise pour qu’elle l’accepte (il y a même une scène ou elle lui demande avec un grand sourire s’il va l’a tué, c’est une réaction vachement normale ça ?) et ensuite tout est dans les sous-entendus. Pour moi, c’est comme si elle avait été drogué ni plus ni moins.

    Mais quand tu évoques ce fait avec les fans de ce vampire, ils se hérissent en disant que ce n’était pas grave, qu’il n’y avait pas de viol et qu’il se servait juste d’elle comme « poche de sang », c’est encore plus grave quand ses propos sont tenus par des 16-24 ans. Certaines vont jusqu’à dire que c’est le passé malheureux du vampire qui le pousse à agir ainsi.

    Bref voilà, je regarde aussi True Blood, plus adulte, plus trash mais pour le coup j’ai été choqué par une série d’adolescent. Si tu veux en savoir plus sur l’apologie de ce personnage, va voir sur le forum vampire diares france, topic couple, topic Caroline & Damon ou il y a eu une partie du débat.

    J »espère ne pas t’avoir ennuyée, bonne journée.

  9. salwa says:

    franchement, en lançant la recherche sur google: que pensent les féministes de la série Supernatural, je ne pensais pas tomber sur un article aussi génial que le votre, ni d’ailleur sur aucun article. j’ai clairement sous éstimé l’attrait des féinistes pour les séries du genre :D j’en suis à ma 8eme saison et je ne sais pour quelle raison, vers 4h du matin, je met la série sur pause et je lance la recherche ) apres toutes ces années, je me demande pourquoi j’arrive tant à supporter le personnage de Dean et meme de l’adorer! je crois que son frere fait l’équilibre en jouant le role du romantique, et que Dean a l’air de « faire » le dur exprés, mais que ces femmes, il ne les meprise pas. en tout cas, il ne méprise pas un certain genre de femme, comme le shérif par exp

  10. salwa says:

    ce n’est pas volontaire, je ne suis même pas officiellement une féministe, mais on me fait souvent la remarque. parait qu’on en fait trop,à chercher la petite bête, et biensur c’est des hommes qui nous diront cela! l’industrie du cinéma n’est certainement pas à prendre à la légère, et nous constatons le pouvoir que ça a sur les mentalités, non seulement sur la question du sexisme! et pour ce qui est de votre amie, qui s’inquiète d’une disparition imminente de la langue Française, je lui dirais de ne pas s’inquiéter: les anciennes colonies françaises parleront toujours le Français, mieux que leur langue maternelle! ;) et les musulmans n’envahiront pas le monde par leur natalité ! pffff (enfin, je m’égare du sujet)

  11. Pire says:

    Bonjour!

    J’ai trouvé cet article très pertinent, et je me suis rendu compte au passage de la raison pour laquelle je m’étais fait plusieurs amis mâles très peu sexistes à une époque (par un forum sur la série Buffy, y’a pas de hasard ^^)!

    En regardant la série trèèèès sexiste TBBT (que je trouve aussi trèèèès drôle!), je me régale de la façon dont le racisme est abordé : on y balance de tout, du stéréotype au second degré, du stéréotype moins nettement identifié, du contre stéréotype, mais surtout, ce que je trouve génial, des mini leçons sur le racisme sur un ton humoristique. (ex : « You mean where they were advanced enough to invent an inter-stellar warp drive but a black lady still answered the space phone? »… J’adore!!)

    Encore mieux, sur un autre sujet, le superbe « Handicapped people are nice, Leonard. Everyone knows that. »

    Par contre en ce qui concerne le sexisme, ils ne font la même chose qu’avec un sexisme extrême, celui de Sheldon…

    Au contraire du racisme qui me semble non seulement absent mais en plus habilement moqué par cette série, le sexisme moderne y est central, et pas au second degré!

    La série est en grande partie basée sur des stéréotypes de genre très ancrés, ceux de notre génération, pas ceux dont on se moque avec Sheldon… Et pour bien montrer que c’est pour rire, on rit du manque de masculinité/féminité des personnages… Renforçant ainsi le stéréotype.

    Brefff, j’aurais bien aimé connaître ton avis sur mes réflexions, mais surtout, si tu connais une série où l’on rit du sexisme comme tbbt rit du racisme, ça ferait telllllement de bien! ^^

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