Etre féministe au milieu des mangemorts.

C’est difficile parfois de rester calme, droite, de ne pas céder à la tentation de l’orgueil, de la colère, du cynisme et du sarcasme. Malheureusement ces temps ci, internet et twitter me sont apparus comme d’immenses grottes puantes et dégueulasses, remplit d’un bordel sans nom. Je suis une féministe cernée de mangemorts en terrain hostile. Mais encore, si tout allait bien, entre nous féministes. Si nous pouvions librement nous foutre sur la gueule à propos de la prostitution et de la pornographie, mais non : encore faut-il que nos luttes soient instrumentalisées.

« Oh mais regarde, tel féministe a dit qu’elle était contre ceci, alors, moi aussi, du haut de mon privilège je peux le dire ! » Traduction en exemple : je peux cracher sur les femens, je peux cracher sur « l’image de la femme », parce que toi, féministe, tu l’as dis. Par exemple. D’ailleurs ils ont été tous si contents de voir que beaucoup de féministes n’aimaient pas les FEMENs pour tout un tas de raisons. Des féministes contre d’autres féministes, du pain bénit au royaume du papa-patriarcat.

Quand je vois qu’on intrumentalise nos luttes… Encore… et encore….

Les gens sont parfois insupportables. Ils veulent tous être sauvés à la fois, avoir des sources et des références, et des ceci et cela. Et toi, tu dois leur offrir que tu viens en paix, que tu vas les nourrir de ton savoir et en même temps, ils veulent avoir la possibilité de te cracher à la figure. Ils veulent être convaincus du féminisme comme si je devais leur vendre un film merveilleux mais je n’ai rien à vendre sinon de la colère, de la révolte, de désespoir. Mon féminisme n’est pas un produit, il est pas beau, il ne prête pas à voir des choses merveilleuses mais seulement des injustices de plus en plus profondes qui me font pleurer régulièrement et me font m’engueuler avec mes amiEs et mes alliéEs. Je suis féministe par nécessité, parce que je ne peux pas faire autrement et je m’en passerais bien.

Être féministe, c’est comme devoir plonger dans de la tourbe, dans de la merde, et devoir ressortir de tout ça en étant propre, net, en étant bien moralement, psychologiquement, intellectuellement. En restant zen, cool, calme, pédagogue, en ayant une vie à côté. Etre féministe pour ma part c’est devoir être cernée constamment de mangemorts, de détraqueurs, de loups garous, dans l’ombre et parfois, se faire engueuler par Molly Weasley et tout l’Ordre du Phénix pour un détail mais qui avait son importance. Etre féministe, c’est m’en prendre plein la gueule, avoir mis des lunettes et être passée d’un monde d’ignorance à une réalité soudaine, forte, horrible. Parfois je voudrais retourner à cette époque où je ne savais rien. « Heureux sont les simples d’esprit car le royaume des cieux leur appartient ». Parait-il.

Le gif préféré de toutes les féministes. Devinez pourquoi.

Le gif préféré de toutes les féministes. Devinez pourquoi.

Derrière ce site, derrière ce blog, derrière ce compte twitter, facebook, que sais je, ils oublient qu’il y a un être humain. Fait de chair et d’émotions, qui passe un temps fou à donner plus qu’à recevoir. Etre féministe, c’est aussi donner parfois sans un merci, sans aucune gratitude. Parfois, je voudrais hurler « j’existe » mais j’aurais l’impression d’être égoïste, car après tout… Qu’est ce qui m’empêche de continuer à donner des liens, expliquer des choses sinon moi même et mon sentiment bienveillant d’aide envers autrui ?

Être féministe, c’est se prendre des coups de rangers plein la gueule. De la part de ceux qui vous haïssent, de la part ceux qui vont chercher la moindre faille pour vous dévorer : une faute d’orthographe ? Un comportement quelconque qui semblerait ne pas aller dans la norme féministe qu’ils ont décidée pour vous (comme par exemple être Suicide Girl…) ? Un tweet de travers ? Un film que vous aimez mais qui serait sexiste ? Mais aussi de la part de vos alliés parfois : tu n’as plus ceci, tu n’as pas fait cela, tu as été trop loin ou pas assez. Il faut surtout concilier avec des gens qui manquent cruellement de bienveillance, c’est bien ça le problème et de partout à la fois. Bienveillance. Je crois que je tiens plus à ce sentiment que n’importe quoi. C’est peut être ça le souci de mon féminisme : il veut bousculer pour faire du bien mais on lui demande de faire du bien sans emmerder quoi que ce soit.

Je suis féministe depuis que j’ai 19 ans. Je n’ai pas encore lu Simone de Beauvoir, je ne sais pas si je mérite ma carte de membre du coup. Je suis Suicide Girl alors il parait en plus que « j’entache l’image de lâfâme » dixit certains. Et étant donné que je n’intellectualise pas trop le truc, v’là-t-il pas qu’on me demande parfois de rendre des comptes. Il s’avère que j’intellectualise déjà beaucoup de choses dans ma vie alors laissez-moi juste avoir un loisir qui me plaît et voilà tout. (Je ne me situe pas sur le prostitution non plus alors j’imagine que je ne plais à aucun bord.) Par contre, je gueule, je braille et ma colère explose tous les jours. Je ne tolère l’injustice nulle part et je n’arrive pas à me faire à l’idée. Je n’exprime pas les choses comme il faut, avec la retenue nécessaire, j’en dis trop ou pas assez semble-t-il. Je suis une salope (parce que je pose nue), une menteuse (parce que je parle de viol), une meuf qui se victimise et en fait trop (parce que je parle des agressions que j’ai connues), et que sais-je encore. Je suis scrutée à la moindre faille par le petit parti non militant anti féminisme.

Je réalise que nos espaces safes n’existent pas et ça fait assez mal. Notre féminisme n’est pas aussi uni que je le pensais et je pourrais étendre mes deux bras qu’il pourrait courir de l’un à l’autre et ne porterait que le nom de féminisme sans se ressembler. Nous ne sommes pas unies sur un tas de questions. Nous sommes parfois même ennemies entre nous. Nos querelles sont plus violentes parfois que notre colère envers nos ennemis (les autres, vous suivez ?) que sont ceux qui soutiennent le patriarcat dans toute sa splendeur. Tout ça me blesse, j’ai la sale manie de détester le conflit. Encore plus avec les gens que j’aime, estime, admire parfois.

Par exemple

J’ai cru naïvement que je pourrais à moi seule bousculer le patriarcat. Je rentrerais, armée de mon maigre savoir, de mes rangers, de ma colère, je rassemblerais, j’unirais, nous serions fortes, heureuses, ensemble et nous détruirons toutes ces vieilles idoles, nous dirions « viens » à des frères d’armes, nous serions libres d’agir ensemble et renverser les choses. Aujourd’hui je suis fatiguée et à bout de forces. J’ai l’espoir vain et idéaliste que lorsque je mourrai, nous aurions bousculé les choses. Mais chaque micro progrès ne fait que caresser doucement cette grosse idole du patriarcat, sans jamais même lui provoquer une égratinure. Je voudrais frapper dedans de toutes mes forces, tout faire exploser en mille morceaux, ne plus entendre parler de misère, de précarité, de culture du viol, d’inégalités sociales, de racisme, d’homophobie, de transophobie, de sexisme, de classisme… mais je n’y arrive pas. J’ai dû merder quelque part.

On a dialogué, on a écouté, on s’est justifiée. On a fait des affiches, des campagnes, des films, des chansons, des séries, des livres, des conférences, des associations. On est allée dans la rue, on a fait de l’art, on a investi internet et fait notre révolte désormais ici. Mais rien ne se passe et je ne comprends pas pourquoi. Je n’arrive plus à voir le soutien car pour un soutien merveilleux, une personne qui nous aura rejointes, il y aura 10 loups dans les parages qui vont nous sauter à la gueule et nous promettre de nous pourrir la tronche parce que… Mais parce que quoi déjà ? Parce qu’on a pointé des inégalités criantes qui nous font mal aux yeux ? C’est tout ?

Brienne non plus n’aime pas trop les propos sexistes, vous savez.

En vérité, notre féminisme passe plus de temps à se justifier qu’il vient en paix, gentiment, qu’à faire bousculer les choses. Mais je n’ai pas envie de venir en paix. Je suis curieuse, j’ai envie de savoir pourquoi, et pas juste par esprit de contradiction. Simplement, je ne comprends pas pourquoi les choses tournent de manière aussi inégalitaire et pourquoi je devrais m’en contenter et dire « on verra ça dans un siècle ou deux ». Ou « c’est comme ça ». Non ce n’est pas comme ça, non bordel. Il y a sous mes yeux quelqu’un-e qui crève et je devrais uniquement penser à moi ? Comment en serait-on arrivé à ce stade d’inempathie ?

Je me sens globalement comme Harry Potter devant une centaine, des milliers de Horcruxe. Je perds un temps fou à penser changer le monde là où il ne veut cruellement pas de moi et tout ça sonne de manière bien narcissique, j’en conviens. J’ai cru pouvoir aider et changer les choses en tant que féministe mais je crois malheureusement que je ne peux rien faire dans l’immédiat. Sinon, peut être penser à autre chose pendant un temps.

J’ai besoin de recharger mes batteries sauf que le cyber féminisme m’en pompe plus qu’il ne m’en donne. Victime de ma surempathie stupide, je n’arrive plus à me détacher de quoi que ça soit, accepter de penser à moi, accepter de savoir que je ne pourrais pas tout changer, seule. C’est dommage. Je vais donc placer mon petit cœur bionique dans un truc qui va le recharger, un peu comme Tony Stark mais sans Pepper Potts (hélas), ni le même compte en banque (double hélas).

En attendant, je salue la lutte de toute celles (et tout ceux) qui bousculent mon féminisme mais encore plus le patriarcat : take that Voldemort.

@MsDreydful – @grumpybroccoli – @LesDegenreuses -@Sharlynegger – @luxinlisbon -@Biaise -@Mari_Doucet – @anti_sexism – @ProseFTW – @JanisBing – @just_spleen -‏ @l_elfe – @SilverBD -@amazing_k6 -@scolastik -@melangeinstable -@Clirstrim -@La_Ramya -@Sam_Hoor – @Mar_Lard -@trazeris -@mlagalle – @LadyDylan -@Uneheuredepeine -@Moossye -@Kimaali -@dariamarx -@A_C_Husson -@Dame_Fanny -@hey_did_g – @valergiecg – @LaPeste

Rho et puis merde, j’ai 287 contacts, suivez les tous, j’insiste.

Ghost in the Shell – « Où vais-je aller ?! Je me le demande »

Je ne sais pas comment j’ai pu rester aussi longtemps sans voir ce bijou d’animation qu’est Ghost in the Shell. Mais samedi soir, je me suis lancée et je n’ai pas vraiment regretté. Pour une curieuse de science fiction et de monde imaginaire comme moi, je n’ai forcément pas été déçue.

Ghost in The Shell I.

Ghost in the Shell intervient dans un monde cyber punk où les humains sont devenus cyborg. Leur cerveau contient un Ghost, un réceptacle d’informations cybernétique, connecté à un réseau commun. Le Ghost est alors une forme d’âme qui différencie humain de cyborg, bien que plusieurs humains possèdent un Ghost sans avoir un corps pour autant biomécanique. Le Ghost peut être amélioré, changé, effacé, développé. On se demande dès lors ce qui est réel de ce qui ne l’est plus, où commence et où s’arrête sa réalité. Du moins, c’est une question qui n’a cessé de me tarauder durant tout le film. Dans ce premier film, l’héroïne principale, Motoko Kusanagi fait partie de la section d’élite. Mokoto, accompagnée de Batou tente de trouver le Puppet Master, ce qu’ils pensent être un cyborg comme eux et qui prend le contrôle du Réseau Central où interagissent toutes les données entrant dans les Ghost. Mais ce qu’ils pensent être un cyborg se révèle une vie artificielle (AI) née des données échangées dans le réseau central. Dès lors, cette AI ne souhaite cependant pas se reproduire comme un virus mais bien entrer dans le corps d’un cyborg, afin d’incarner une nouvelle forme de vie, d’être en symbiose avec…

Le film pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses mais ce n’est pas quelque chose qui m’a gênée : j’aime bien qu’on me laisse trouver mes propres réponses. L’une de mes questions a sans doute renvoyé à une angoisse personnelle : qu’est ce qui nous lie encore avec l’humanité quand même notre cerveau est bionique et inter connecté quasi constamment ? Quand vos yeux, vos mains, vos bras sont interchangeables dans l’heure ? Mokoto est à mes yeux fascinante et terrifiante. Fascinante parce qu’elle incarne un personnage féminin fort, qui n’hésite pas à mélanger son Ghost avec l’IA qu’incarne le puppet master afin de créer un tout, un « autre » au-delà du cyborg et de l’humain. Mais terrifiante car elle semble au-delà de moi, de nous, de nos sentiments. Et d’ailleurs ces sentiments, sont-il vrais ? Ne sont-il pas un autre produit de données qu’on aurait injecté dans notre Ghost ? Mokoto est une némésis personnelle : le désir d’hyper rationalisation, effacer les derniers traces d’humanité, de réalité avec l’union du Puppet Master. Ne plus rien ressentir, être au-delà de soi, se mêler à un grand tout. Le cyborg est cet Autre vers lequel la société tend mais contre lequel nous sommes terrifiés, embourbés dans une idée de corps « naturel » et identifiable à tout prix. Le cyborg est ce freak , ce queer délicieux auquel on rêve mais qui pourtant me chagrine un brin ici : que reste-t-il vraiment de nos émotions dans cet amas de câble, de surpuissance ? Fascination et inquiétude à la fois : la jouissance de ne plus rien ressentir d’identifiable.

Le personnage du Puppet Master m’a interpellée lui aussi, Un corps féminin cis genre, des organes génitaux féminin mais un visage plutôt androgyne, presque angélique. Il m’a évoqué un de ces ange queer, bizarre, ni masculin, ni féminin. Sa voix sonne pourtant comme une voix masculine : alors qui est-il ? Il n’est ni humain, ni cis genre, ni trans genre, ni trans bionic, ni cis organique, il semble par dessus tout. Il est d’ailleurs intéressant parce qu’il s’incarne en Mokoto qui est une femme cis genre (cis bionique ?) pour former cet autre qui inquiète mais me rassure pourtant parce qu’il ne dégage pas quelque chose de malfaisant. Plusieurs scènes sont vraiment intéressantes. Dans l’une d’elles notamment, Mokoto part faire de la plongée mais Batou s’inquiète vite : n’a-t-elle pas peur de tomber en panne ? Juste avant de remonter à la surface, un double refletté par l’eau apparaît à Mokoto. On revient encore à cette question de l’autre, du soi (sans T), de ce Ghost qui se lie à la conscience. La conversation qui s’ensuit avec Batou est intéressante alors parce que les deux cyborgs évoquent leur condition : après tout, même un corps cybernétique n’empêche pas de rêver.

Au niveau des rôles de genre, Mokoto est l’élément féminin central. Elle est plusieurs fois présentée nue lorsqu’elle utilise son camouflage ou lorsqu’elle interagit avec le Pupper Master. Je ne sais pas si l’on peut réellement contester cet aspect d’une héroïne forte sans cesse ramenée à son corps nue. Parce que Mokoto, et finalement chaque personnage semble s’étendre au-delà du genre et de l’humanité toute entière, mais aussi parce que le corps de Mokoto n’est plus un corps en soi : tout juste une enveloppe charnelle rectifiable, transformable, jetable, comme les pièces d’une machine. Le corps n’est qu’un prétexte à interagir avec autrui dans des codes sociaux humains convenable : j’ai un corps donc je peux interagir ? Mokoto doute d’ailleurs plusieurs fois de son humanité, on doute avec elle. Finalement, on se dit de manière un peu idéaliste que douter, c’est peut-être encore le signe d’une trace d’humanité par la remise en question de soi.

Ghost in the shell II – Innocence.

Ghost in the Shell II se passe quelques années plus tard, après les événements du Pupper Master et de la symbiose avec Mokoto. Le major Mokoto a depuis disparu et l’histoire se concentre sur Batou, l’acolyte de cette dernière. Batou est accompagné de l’humain Togusa et enquête sur des gynoides, des robots destinées aux plaisirs sexuels, enfreignant sciemment les lois de la robotique d’Assimov en agressant des humains avant de se suicider.

Techniquement, GITS est d’une beauté à couper le souffle. Je suis restée comme une gamine devant l’évolution des graphismes, de l’animation. 9 ans ont passé depuis le 1er volet et ça se ressent bien. J’ai sincèrement regretté que l’histoire ne se concentre plus sur Mokoto mais Batou est un personnage masculin intéressant. De prime abord, je l’ai trouvé trop froid, trop viril, trop « humain ». Mais il y a une scène qui est venue chambouler tout mes a priori et qui semble avoir plu à pas mal de fans, c’est la relation de Batou avec son chien. Un véritable chien, sans composantes mécaniques, sans circuits imprimés, sans fils. Dans ce monde cybernétique, le chien de Batou semble être ce qui le relie encore à une part d’humanisme, une forme de « je ressens donc je suis ». J’ai compris après que, comme Mokoto, lui aussi avait peur de perdre son humanité et que le chien incarne ainsi l’affection véritable, sans détour, non programmé d’un être vivant et bienveillant. Batou a un visage qui transpire l’affection et la peine qu’il a d’avoir perdu Mokoto dans le grand Réseau d’Informations. On sentait déjà dans le 1er volet quelque chose de troublant, de bienveillant à l’égard du Major Mokoto. Ce n’était pas quelque chose d’oppressant ni le rôle d’un preux chevalier masculin qui vient aider une jeune femme en détresse, plutôt un rapport pudique. Mokoto n’est malheureusement plus là et est simplement évoquée sous l’aspect d’un « ange gardien » pour Batou.

Le film fourmille de références littéraire, il y a là à boire et à manger pour qui le veut. On trouve du Confucius, du Asimov, du Villier de l’Isle-Adam , du Platon, du Descartes. Comment ne pas d’ailleurs évoquer Descartes dans son « je pense donc je suis » qui ici ne semble plus avoir son sens initiale : comment être certain d’être soi, son existence, sa constance quand chaque chose peut être une donnée programmée envoyée dans votre Ghost et donc créer de toutes pièces ? Ce second film n’apporte pas davantage de réponses, il questionne même beaucoup plus. Une petite mention spéciale bien entendu à l’un des personnages nommé Haraway, en hommage à la cyber féministe Donna Haraway et son Cyborg Manifesto.

Je ne regrette donc vraiment pas d’avoir vu cette œuvre magistrale du cyber punk de l’animation japonaise et ne peux que la recommander. Ghost in the Shell représente vraiment une part importante de la culture populaire et à mon sens du cyber féminisme, interrogeant sur des questions d’identité, de genre et, finalement, d’humanité ?